Jean-Paul Gaultier se met à nu

Publié: 25 janvier 2011 dans Mes coups de coeur...

Les documentaires sur « l’enfant terrible de la mode » sont rares, alors, autant ne pas les manquer quand l’occasion se présente de plonger dans l’univers du génialissime Jean- Paul Gaultier. Vendredi soir, France 5 nous a régalé avec un numéro d’Empreintes consacré au créateur, Jean-Paul Gaultier ou les codes bouleversés. Pas de panique chers/ères fans, une session de rattrapage vous attend sur le replay de la chaîne jusqu’au 28 janvier.

Le film proposé par Farida Khelfa dresse un portrait touchant et humain du passionné et passionnant Jean-Paul Gaultier. Rendez-vous au 325, rue Saint Martin (Paris 3è) où il a installé ses bureaux, son antre. Le lieu est immense, chic et chaleureux, à l’image de notre hôte. On se sent proche du bonhomme, peut-être car la réalisatrice est une intime, elle a défilé pour lui à ses débuts. Ou peut-être tout simplement, parce que la griffe Gaultier, c’est l’humanité. C’est ce qu’il dégage de lui : ses yeux pétillent, son visage affiche un franc sourire, sa voix est chantante… Beaucoup de douceur s’échappe de Jean-Paul Gaultier. Car il n’a jamais oublié d’où il venait : Arcueil, une petite ville de banlieue, située dans le Val-de-Marne. Car son premier mannequin était son ours en peluche : du haut de ses six ans, il l’habillait et le déshabillait au gré de ses envies. Car il n’a jamais oublié ses proches (aujourd’hui disparus) qui lui ont permis sa formidable ascension : ses parents, qui avaient une grande ouverture d’esprit, sa grand-mère, un personnage très original qui a choyé son petit-fils, Francis Menuge, son grand amour qui a toujours cru en lui.

Plusieurs célébrités interviennent dans ce portrait. Il avoue à Dita Von Teese (à qui il a dessiné une tenue) qu’il rêve d’habiller une revue, « je suis sûr qu’un jour, je le ferai ». Et si le cabaret propose la jolie effeuilleuse comme meneuse, c’est encore mieux ! A Carla Bruni (qui a été mannequin pour JPG), il confie ne pas assez s’investir à son goût dans la lutte contre le sida, mais comme il arrête ses activités avec Hermès, il va pouvoir inverser la tendance. Gaultier est un homme très pudique, qui n’aime pas dévoiler ses sentiments. Et c’est avec beaucoup de retenue qu’il évoque le décès de son ami, « je préfère avoir vécu cette souffrance, mais connu l’amour ».

Mais c’est sur le podium que le couturier tombe le masque : extravagant, rebelle, original, voilà comment on peut définir le style Gaultier. Ses premières armes, il les fait dans la prestigieuse maison Cardin. Puis, il rejoint Jacques Esterel, et enfin Jean Patou. Retour chez Pierre Cardin qui l’envoie aux Philippines pour dessiner des modèles destinés à séduire le marché américain.  Il se lance en 1976… Sans grand succès. C’est la maison japonaise Kashiyama qui le propulse en lui demandant de dessiner une collection. Les années 80 sont les siennes. Il a inventé un nouveau classique : les corsets coniques pour les femmes, les jupes pour les hommes, les marinières pour les deux ! En fait, il ne quittera plus jamais le haut du podium. Ces défilés sont un spectacle : jamais vous ne verrez sur le catwalk une beauté traditionnelle. Place aux mannequins tatoués, piercés, aux femmes rondes, voire très rondes, aux modèles typés… Tout le gratin se l’arrache, Madonna, Mylène Farmer, Kylie Minogue, Catherine Ringer, et même Yvette Horner. Il s’attaque aussi au Septième Art en créant des costumes pour Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, La cité des enfants perdus, pour Luc Besson, Le Cinquième Elément… Les années 90 marquent les nez : deux parfums naissent, Jean Paul Gaultier qui deviendra Le Classique pour les dames en 1993. Nouvelle récidive en 1995 avec Le Mâle pour les messieurs et aussi leurs compagnes qui n’hésitent pas à leur piquer leur fragrance. Depuis il caracole en tête des ventes dans les parfumeries avec les déclinaisons estivales de ces deux produits phares, auxquels s’ajoutent Fragile, Ma Dame, Classé X, Gaultier 2, Les Fleurs du Mâle, Le Mâle Terrible. Depuis 1983, il est donc incontournable : il nous habille et nous parfume avec une dose de provocation !

Son inspiration, il la puise dans ses références cinématographiques : c’est après avoir vu Falbalas de Jean Becker, que l’adolescent aurait décidé de devenir couturier. Il se souvient aussi des trésors qu’il trouvait chez sa grand-mère, qui l’autorisait à fouiller dans sa malle : il y a découvert les fameux corsets, sa signature aujourd’hui, les tissus satinés… Les groupes de rock l’influencent aussi. Tout comme la rue qui l’inspire beaucoup. C’est peut être aussi pour ça qu’on se sent proche de Jean-Paul Gaultier. A moins que cela ne soit lorsqu’il sort des coulisses, qu’il vient vers son public, toujours en courant … Toujours avec ce magnifique sourire… Et cela depuis plus de trente ans !

Info plus :

N’hésitez pas à vous plonger dans trois livres (les trois seuls qui existent à ma connaissance) :

  • Farid Chenoune, Jean-Paul Gaultier, Éditions Assouline, 1996 ;
  • Laurent Sebillotte, Jean Paul Gaultier / Régine Chopinot – Le Défilé, Éditions Les Arts Décoratifs, 2007 ;
  • Elizabeth Gouslan, Jean-Paul Gaultier, Punk sentimental, éditions Grasset, janvier 2010.

A noter aussi qu’il existe un autre documentaire sur Jean-Paul Gaultier qui a été réalisé par Tonie Marshall en 2004, l’excellent Les Falbalas de Jean-Paul Gaultier.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s