Un jusqu’au-boutiste de l’amour

Publié: 25 février 2011 dans On the silverscreen...

C’est fou ce que l’on peut faire par amour ! La preuve en images avec I love you Phillip Morris, une sorte de tragi-comédie contemporaine en technicolor ! J’avoue être allée voir ce film sur une méprise de ma part : pour moi, le titre suggérait une sorte d’apologie de la clope dans une société de plus en plus hygiéniste ! Grossière erreur, car l’orthographe du géant du tabac ne compte qu’un seul « l » (j’aurais appris quelque chose !)… Mais mon erreur a été une belle opportunité d’apprécier un film complètement déjanté, innovant et qui se moque de la trop bonne morale.

Le pitch :

C’est l’histoire vraie de Steven Jay Russell, un homme bien sous tous rapports, jusqu’au jour où il décide de ne plus se mentir. Il fait un fracassant coming-out et met les voiles sur Miami, son eldorado gay. Mais son nouveau train de vie lui compte pas mal de dollars, et d’entourloupes en arnaques plus incroyables les unes que les autres, il gagne beaucoup d’argent… Jusqu’à passer par l’obligatoire case prison où il rencontre l’homme de sa vie, Phillip Morris. A partir de ce moment-là, il ne supportera plus jamais d’être séparé de lui !

Mon avis :

Quelle agréable surprise ce film ! Une vraie révolution à lui tout seul ! Une tornade dans la mécanique si bien huilée des films américains ! Pourquoi ? Car il fait voler en éclat l’idéal stéréotypé américain : Steven Russell, incarné par un Jim Carrey plus en forme que jamais, a une petite femme dévouée, une adorable petite fille, une grande foi en Dieu. Il vit dans un petit pavillon aseptisé tout droit sorti d’une série télévisée comme Desperate Housewives. Mais un simple accident de voiture remet tout en cause : la vie est courte, il ne faut pas la vivre à moitié. Il fait quelques efforts, mais en vain… Et sans aucun coup de baguette magique, il envoie valser sa vie si parfaite ! Il se vautre alors dans le pêché, enfin pour tout bon américain puritain. Jay Russel est homosexuel. Sa voiture emboutie n’est en fait qu’une renaissance, une deuxième chance qu’il faut saisir.

Jim Carrey excelle dans ce type de rôle où il doit être à la fois fou et fort, doux et dingue, où il doit mélanger les émotions, la passion et la raison. Bien sûr, on regrettera peut-être ses gesticulations et ses grimaces un peu trop présentes. On se demande si elles sont toujours nécessaires.  C’est le seul (et tout petit) carton pas tout à fait rouge que je décerne à ce film.

Mais la palme revient à Ewan Mc Gregor. Il joue l’amoureux, Phillip Morris. Et il est incroyable ! Fragile, tendre, aimant, mais aussi dur quand la goutte d’eau fait déborder le vase. Le couple Carrey-Mc Gregor, on y croit à chaque instant : la première qu’ils se voient, lorsqu’ils dansent, lorsqu’ils dorment ensemble dans leur microscopique cellule, lorsqu’ils se regardent et bien sûr lorsqu’ils s’embrassent… C’est une vraie belle histoire d’amour, dommage que la douce folie de Steven Russell ne soit jamais réellement assouvie.

Mesdames, messieurs, préparez-vous aussi à lorgner quelque peu sur le beau Rodrigo Santoro et sa belle gueule : bronzé comme pour dans une publicité pour crèmes solaires, planté comme un sportif, Steven craque pour le beau brun… Et il n’est pas le seul !

Les décors sont aussi très importants : ils évoluent avec Russell. Au départ, ils sont un peu ternes et fades, comme sa vie. Puis ils gagnent en couleur et en démesure quand Steven l’extravagant se met en marche ! Un détail cependant : le film a été principalement tourné au Texas… sauf pour les scènes qui se déroulent prison. L’équipe du film s’est rendue dans l’Etat voisin, la Louisiane, qui est le seul à avoir autorisé le tournage dans une vraie prison.

Sachez aussi que ce film a failli ne pas voir le jour. Je l’évoquais précédemment, les bonnes mœurs outre-atlantiques ne sont pas très friandes de ce type d’histoires, surtout lorsqu’elles trouvent leur inspiration dans la vie réelle ! Les investisseurs n’ont pas mis la main au porte-monnaie !  Les réalisateurs, Glenn Ficarra et John Requa, ont donc dû se tourner vers d’autres ressources. Et c’est Luc Besson qui leur a apporté son soutien : en tant que directeur délégué d’EuropaCorp (une société de distribution européenne), il leur a donné carte blanche ! Ouf, merci monsieur Besson, décidément, vous êtes un grand bonhomme du cinéma !

Et Luc Besson ne s’est pas trompé ! Le film a été sélectionné au festival Sundance, LE festival américain du film indépendant (créé par Robert Redford au début des années 80). Il s’est aussi fait remarqué  à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes. Maintenant, c’est à vous de juger !

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