Les trois filles de la veuve Pilar

Publié: 31 mars 2011 dans On the silverscreen...

Voilà un film que j’ai découvert un peu par hasard ! J’avais loupé ma séance, et je me suis rappelée qu’une de mes amies avait très envie de voir ce premier long-métrage de Yasmina Reza, en tant que réalisatrice… Et bien me voilà partie pour 1h24… d’ennui !

Le pitch :

Pilar est une dame d’un certain âge, maman de trois filles. Espagnole d’origine, elle a émigré en France où elle a élevé sa progéniture : trois enfants très différents les unes des autres ! Devenue veuve, elle tombe amoureuse de son gérant d’immeuble et décide de le présenter à sa famille, lors d’un déjeuner aux frontières du réel !

Mon avis :

Les premières minutes du film sont intéressantes et poussent à la réflexion : pourquoi cette vieille dame, Pilar, retourne en Espagne pour se séparer de ses derniers biens fonciers, biens qui se trouvent donc sur sa terre natale. Elle est accompagnée par sa fille, Nuria, incarnée par Emmanuelle Seigner. Moi, je me suis imaginée que pour Pilar c’était un acte difficile de rompre avec la terre de ses ancêtres, avec ses souvenirs… En fait, non ! J’ai plutôt l’impression qu’il s’agissait d’une libération. Pourquoi pas ? Après tout, chacun est libre de ses sentiments et de ses émotions…

Une fois l’épisode espagnol passé, on se retrouve en France ! On découvre la tribu de Pilar. Ses filles ont toutes les trois des caractères bien définis et des signes bien particuliers. Nuria, Mme Polanski à la ville, est une célèbre star de cinéma en mal d’amour. Son petit ami, un acteur connu, la délaisse. Son désespoir est palpable. Mais pourtant, je n’y ai pas adhéré une seconde. Avec son air désespéré, quasi maladif, on a juste envie de lui : « Mais bouge-toi ! Sors de ton cocon hollywoodien et profite de ce que la vie t’offre ! » Une scène très pathétique m’a agacée : Nuria doit assister à une remise de prix, et elle ne sait pas quelle robe choisir. En voilà un dilemme ! Pendant le déjeuner familial, elle en profite pour faire un essayage de deux robes très provocantes, mettant à mal le calme de ses messieurs, à savoir le mari de sa sœur, et l’ami de sa mère ! Bien sûr, la caméra s’attarde sur la plastique de Seigner, une scène qui, je trouve ne se justifiait pas, ou du moins pas tournée comme on nous le propose (n’allez pas croire que la nudité me gêne au cinéma, pas du tout, je veux juste qu’elle soit filmée avec poésie ou avec violence en fonction du film… mais dans ce précis, dans cette chambre si froide, c’était juste vide et creux, un peu comme Nuria).

Les deux autres sœurs de Nuria sont tout aussi singulières : Valérie Dréville joue Aurélia et Christelle Tual interprète Christal. La première est une actrice ratée, qui trouve un exutoire dans le théâtre amateur. Les scènes où elle répète sont épouvantables ! De toute évidence, elle jalouse le succès de sa cadette. Parfois, elle arrive à relativiser et des moments complices voient le jour, parfois, sa haine prend le dessus et ce n’est pas beau à voir ! La seconde est une mère de famille un peu fofolle qui s’ennuie dans sa vie bien rangée. Elle y met du piment en ayant un amant, qui se révèle lâche au possible. C’est peut-être le personnage le plus attachant du film, car j’arrive à ressentir de la compassion pour cette femme.

Et bien sûr, il y a la matriarche : Pilar. Très amoureuse de son Fernand, elle espère que la rencontre avec ses filles se passera bien. Ce sera un fiasco où les vraies natures vont ressortir devant un Fernand complètement dépassé par ses filles qui « je t’aime, moi non plus » et qui ont un vrai problème de respect. Et cette pauvre Pilar… Il lui arrive d’agir comme une enfant, alors qu’elle devrait mener sa tribu tambour battant ! Au menu : des crises d’hystérie, des pleurs et de la casse ! Moi, cela m’aurait coupé l’appétit !

Un mot sur André Dussolier. Il est Fernand, l’amoureux transi de Pilar, et n’arrive pas à sauver le film du naufrage ! Il interprète un parfait gentleman, un poil coincé, fier de ses acquis et de son savoir, et surtout très ennuyeux ! Et pourtant j’adore Dussolier pour son jeu toujours impeccable, pour ses prises de risque, pour sa voix qui envoûte le spectateur, pour ses mimiques à la fois drôles et graves… Mais là, tout excellent acteur qu’il soit, la sauce ne prend pas. J’ai juste l’impression qu’il s’ennuie et que lui-même ne croit pas à son personnage.

Enfin ce qu’il faut savoir à propos de ce film, c’est qu’il s’agit de la fidèle (le nom à son importance) adaptation cinématographique d’une pièce de théâtre intitulée Une pièce espagnole, écrite par Yasmina Reza elle-même. Peut-être que ce huis clos s’adapte parfaitement au théâtre, mais au cinéma, c’est d’un ennui et d’une platitude comme j’en ai rarement vus !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s