Blessé dans sa chair

Publié: 3 mai 2011 dans On the silverscreen...

Cela faisait huit ans que j’attendais son retour devant la caméra, et c’est avec un thriller haletant que Mel Gibson signe son come back en tant qu’acteur. Injustement passé inaperçu, voire méchamment critiqué, Hors de contrôle / Edge of Darkness, est pourtant un excellent film policier, réunissant les bons ingrédients, le suspense, les trahisons, les coups de feu, sans oublier une bonne dose de pression psychologique !

Le pitch :

Thomas Craven est un inspecteur de la brigade criminelle de Boston. A l’ancienne, il ne sort jamais sans son imperméable, ni sans son calepin ! Sa fille, Emma, 25 ans, revient le voir le temps d’un week-end dans la maison familiale. Mais les retrouvailles tournent au cauchemar : la jeune femme se fait descendre sur les marches de la maison des Craven. Thomas croit qu’il est la cible de cet assassinat, mais au fur et à mesure de son enquête, il va découvrir une facette méconnue de sa fille unique.

Mon avis :

Quel bonheur de revoir Mel Gibson faire l’acteur ! Quelle joie aussi de le retrouver sur les plateaux de télévision pour faire la promotion de son film : il a été irrésistible sur le plateau du Grand Journal de Michel Denisot. Son dernier rôle au cinéma était celui de Graham Hess dans Signes / Signs. Depuis, il a sévi en tant que réalisateur (les très controversés La Passion du Christ et Apocalypto). Et dans le dernier film de Martin Campbell, il revient à ses amours, le métier d’acteur, non sans cacher qu’il a besoin d’argent pour sa prochaine grande réalisation : un film sur les Vikings, avec Leonardo Di Caprio, dont il avoue être fan. Et il joue toujours aussi bien : il a vraiment ça dans le sang ! On se demande qui souffre entre Mel et Thomas ? Quand on sait qu’il est à la tête d’une tribu de huit enfants, on n’a aucun mal à imaginer son désarroi de père face à la perte de son enfant unique. Mel/Thomas est accablé par le chagrin, et moi aussi. Impossible de ne pas avoir le cœur brisé quand on voit ses réactions, sa douleur. Impossible de ne pas le soutenir dans sa quête de vérité. Et impossible de ne pas valider ses actes, même les plus borderline !

C’est vrai, je le confesse Mel Gibson est l’acteur de ma vie ! Je vais avoir beaucoup de mal à être objective. Mais même si la sacro-sainte critique a boudé ce film, dans la salle obscure, on était plusieurs à applaudir des deux mains ce retour et à avoir trouvé le film très bon. Et je doute que la salle entière était atteinte de « mel-addiction » !

Mais revenons au film à proprement parler ! Hors de Contrôle / Edge of darkness est en réalité l’adaptation d’une mini-série britannique diffusée en 1986 sur la chaîne BBC. A l’époque déjà, Martin Campbell sévissait à la réalisation, et elle était scénarisée par Troy Kennedy-Martin. Mais pour passer des six heures de la petite lucarne au format de deux heures sollicité par le grand écran, Campbell s’est entouré d’une armée de scénaristes ! Rendre le film palpitant tout en réduisant l’intrigue, telle a été la tâche l’australien Andrew Bovell (qui a notamment travaillé avec le génial Baz Luhrmann dans Ballroom Dancing) et de William Monahan. Mission accomplie les garçons ! Notons que si le nom de Martin Campbell vous dit quelque chose, c’est normal, c’est un spécialiste « ès » films d’action : il a réalisé par exemple Golden Eye, Le Masque de Zorro et sa suite La Légende de Zorro (que j’ai adoré !) ou encore Casino Royale. Alors, attachez bien votre ceinture pour les deux prochaines heures.

Mais pour réussir ce pari, sans trahir l’atmosphère du policier, sans tomber dans le thriller hyper moderne, les costumiers ont eu du pain sur la planche. J’en parlais dans le synopsis du film : Thomas est inséparable de son imperméable couleur beige, un peu comme le célèbre inspecteur Columbo, que l’on a rarement vu sans sa gabardine ! Ce vêtement était un élément emblématique pour la télévision, il le sera pour le cinéma. Voyons l’analyse de Lindy Hemming, la chef costumière : « Il garde cet imperméable pendant presque tout le film. D’une certaine façon, cela fait de lui un être isolé et différent dans ce monde où la plupart des gens sont en costume ou en uniforme de policier (…). Nous avons fait faire vingt-cinq imperméables ordinaires et identiques pour Craven. Plus il avance dans l’histoire, plus ils sont abîmés et reflètent l’usure du personnage. » Et c’est peut-être ce détail qui donne un supplément d’âme à Thomas Craven.

L’équipe des décorateurs n’a pas été en reste non plus. Regardez le complexe de Northmoor (ah, ah, allez donc voir le film pour savoir ce que vient faire ce complexe dans cette histoire, car si j’en dis trop, good bye le suspense !) : le chef décorateur, Tom Sanders a fait construire à l’Ouest du Massachussets (à Amherst) un décor à l’extérieur du centre stratégique militaire aérien… Et vous savez quoi ? C’est là où se trouvait LE bouton de la bombe nucléaire dans les années 60 !

L’équipe du film a dû relever un autre défi : remplacer Robert de Niro. En effet, il devait interpréter le rôle de l’agent de la CIA, Darius Jedburgh. Mais pour des « divergences artistiques », il a quitté le plateau ! Dommage, vous imaginez l’affiche : Gibson et de Niro partageant un même film ! Un manque qu’il faudra très vite combler et qui ravira tous les fans des deux acteurs, et même les autres ! C’est donc Ray Winstone qui le remplacera : il campe parfaitement son rôle, mais je ne peux m’empêcher de penser que Bob de Niro aurait été encore plus impeccable, ne serait-ce que par sa « gueule » et les mimiques qu’il lui donne !

Du coup, on se contentera de Mel Gibson, si j’ose dire ! Et bien croyez-moi, il n’a rien perdu de ses talents d’acteur. Je ne vais revenir sur ses sentiments que le spectateur ressent à 2000% ! J’ai versé plusieurs grosses larmes (bon, d’accord, je ne suis pas une référence, je pleure énormément dans les salles obscures !). Mais en huit ans d’absence, il n’a rien oublié ! Il est toujours aussi présent et charismatique. La caméra est littéralement amoureuse de lui ! Il n’a pas rien perdu non plus de ses prédispositions de cascadeur. A 54 ans, le garçon est toujours un solide gaillard, même si ses muscles se font un peu plus discrets ! Il joue toujours aussi bien des poings et des gamelles ! Il donne beaucoup, mais en reçoit pas mal aussi. Lors de la promotion du film, l’acteur a confié ne pas s’être fait doubler pour les scènes de bagarre, notamment avec le fiancé de sa fille. Mais il avoue avoir du mal a s’en remettre : il faut dire que le petit jeune balance son aîné manu militari ! Et pour l’aider à affronter ses prises (de risques et coups), il a fait appel à un masseur pour remettre ses « vieux os » en place !

Un petit potin pour finir… Et ne faites pas les gros yeux, je sais que vous aimez bien les petites histoires. Tendez l’oreille à la fin du film. Le générique final Say my name a été écrit par Mel Gibson (un talent d’auteur qu’il nous avait caché jusqu’ici), et il est interprété par Oksana Grigorieva, sa compagne, ou son ex-amie (cela ne nous regarde pas !)… Je savais que vous trouveriez ceci intéressant !

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