New York sera toujours New York

Publié: 28 mai 2011 dans On the silverscreen...

Depuis les débuts du 7ème art, les cinéastes ont une muse, New York, la Ville Lumière où l’on ne dort jamais. Big Apple inspire toujours le badaud qui pose ses valises sur son trottoir, transcende le New-Yorkais de souche et émerveille les touristes. Elle pousse au respect, à l’ouverture d’esprit, à la découverte de nouvelles expériences. Comment le cinéma ne pouvait-il pas lui rendre des hommages perpétuels ? Bien sûr, son plus grand amoureux est Woody Allen (malgré ses écarts de conduite qui l’ont  menés à Barcelone ou à Paris)… Talonné par ma petite personne ! Bien que je n’y ai jamais posé un pied (pas encore, mais ça ne saurait tarder !), New York exerce sur moi une réelle fascination : j’ai l’impression de connaître cette métropole quasi par cœur. Alors croyez-moi quand un film lui rend hommage, je suis la première à me rendre à une projection… Enfin, quand les cinémas daignent passer ce film : mon complexe habituel l’a boudé, heureusement mon cinéma d’art et d’essai préféré (ah, l’Utopia, que ferais-je sans ?), lui, n’a pas lésiné sur les séances !

Le pitch :

Après Paris, je t’aime (2005), Emmanuel Benbihy (un des producteurs avec Marina Grasic) poursuit son exploration des Villes de l’amour. Douze réalisateurs, pas forcément coutumiers de la Grosse Pomme, ont répondu favorablement au projet.

Mon avis :

Quelques précisions d’abord sur les règles de tournage auxquelles tous les cinéastes se sont pliés. Le court-métrage doit identifier un ou plusieurs quartiers new-yorkais et comporter une rencontre amoureuse. Enfin entre chaque histoire, que l’on appellera ici un segment, le fondu au noir est banni au début et à la fin. Chaque équipe doit tourner deux jours au maximum. Le montage ne doit pas excéder sept jours. Et enfin, seuls le chef décorateur, le chef costumier et le reste de l’équipe technique sont communs à tous les cinéastes. C’est donc un sacré défi que révèlent douze réalisateurs en seulement trente-six jours de tournage !

De Brooklyn à TriBeCa, en passant par Central Park, par Greenwich Village ou par Soho, Mira Nair, Fatih Akin, Jiang Wen, Yvan Attal, Allen Hughues, Shekkar Kapur (qui a remplacé au pied levé Anthony Minghella, disparu peu avant le début du tournage),  Shunji Iwai, Brett Ratner, Natalie Portman, Jason Reitman et Joshua Martson, le seul New-Yorkais de la bande, nous propose leur vision de la rencontre amoureuse. C’est Randall Balsmeyer (qui a collaboré avec Spike Lee, David Cronenberg ou encore les frères Coen) qui se charge de réaliser les transitions d’une réalisation à l’autre. Elles se font grâce à l’actrice franco-américaine Emilie Ohana (vue dans Vatel), qui observe et enregistre avec son petit caméscope la vie autour d’elle : « This town is full of surprises. / Cette ville regorge de surprises. »

Des prestigieux acteurs donnent vie aux tribulations des différents scénaristes. Natalie Portman, devant et derrière la caméra, est définitivement la seule femme au monde à pouvoir avoir le crâne rasé et à être ultra sexy. Nous les filles, on est toujours ravies de voir et revoir Andy Garcia en vieux beau filou, Orlando Bloom en musicien en mal d’inspiration, Hayden Christensen en petite frappe énigmatique et attachante, James Caan (le fameux Ed Deline de la série Las Vegas) en pharmacien loufoque, Bradley Cooper qui nous laisse deviner sa plastique parfaite, Chris Cooper en mari négligeant… Cependant mon coup de cœur est pour Ethan Hawke qui joue le rôle d’un écrivain sympathique, un poil sûr de lui… La scène où il drague une jeune femme est très savoureuse : son trouble lorsqu’il découvre que l’objet de son affection est une call girl est juste génial ! Son passage devant la caméra de notre exploratrice franco-américaine est des plus sympathiques. Son geste est très touchant !

J’ai également beaucoup aimé le segment avec Robin Wright Penn, toujours aussi belle et sensuelle. Elle part à la reconquête de son mari de la plus inattendue des façons.

Le court-métrage consacré au peintre est assez poignant. Très vite, on se mal à l’aise, mais on ignore pourquoi… jusqu’à ce qu’on découvre ce que les scénaristes lui ont réservé comme sort. On comprend très vite que New York est aussi fascinante qu’elle est cruelle. On le voit dans un taxi, un peu blasé, pas très enclin à faire la conversation au chauffeur… Ce dernier lui rappelle probablement ses premières sensations quand il a foulé le pavé new-yorkais en lui disant : « This is the capital of everything. / Ici, tout est possible. » On sent sa détresse, ses illusions perdues, son désarroi.

Un segment me laisse perplexe malgré l’incroyable interprétation de Shia Labeouf en valet handicapé. Son passage avec Isabelle, la chanteuse, (interprétée par Julie Christie) est difficile à cerner : on a des doutes, on s’interroge, on imagine une histoire, mais jamais on en n’a jamais le fin mot. Pourtant, j’ai retenu une phrase de cette artiste : « That’s what I love here in New York : people come from everywhere. / Ce que j’aime à New York : les gens viennent d’ailleurs. »

Un autre passage m’a énormément parlé : la jeune actrice, incarnée par Olivia Thirlby, est une adepte de la fameuse Méthode nous indique son père, joué par James Caan. J’ignore si tout le monde aura compris l’allusion, il s’agit évidemment de la célèbre méthode de Stanislavski, enseignée dans la plus grande école d’acteurs au monde, le Lee Strasberg Institute (anciennement connu sous le nom d’Actors Studio) – nb, je l’ai déjà évoquée dans East of Eden / A l’Est d’Eden. Les plus grands acteurs d’hier et d’aujourd’hui y sont passés plus ou moins longuement. Mais ce qui est sûr, c’est que cette institution est un véritable mythe new-yorkais, la Mecque des apprentis comédiens. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en découvrant cette scène !

Au total, cette déclaration d’amour à New York dure très précisément 1h43… Pourquoi ce détail me direz vous ? Car, en langage numérique, 143 signifie I love you ! Sachez aussi qu’une autre célébrité a participé à ce collectif, mais elle a été coupée au montage. Il s’agit de Scarlett Johansson qui s’essayait pour la première fois à la réalisation. Son These Vagabond Shoes avec Kevin Bacon a été supprimé de la version définitive (même s’il a été présenté dans son intégralité au festival de Toronto en 2008). Pourquoi cette terrible sanction ? J’ai visionné le segment sur youtube, l’actrice-chanteuse l’a elle-même mis en ligne. Il est très différent des autres courts-métrages : les personnages parlent peu, le rythme est assez lent, elle a choisi de tourner en noir et blanc. Je ne pense pas qu’il aurait pu s’intercaler dans ces historiettes new-yorkaises. A vous de juger en cliquant sur votre moteur de recherche.

L’aventure ne s’arrête pas à New York. Les prochaines destinations des Villes de l’amour : Rio, Shangaï, Jérusalem et Mumbai. A surveiller de très, très près.

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commentaires
  1. Ahhh super papier. Ca me donne vraiment envie de voir ce film. Lorsque les acteurs se prêtent à ce genre d’exercice ils sont souvent très bons et inattendus…

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