Quand la justice déraille…

Publié: 5 juin 2011 dans On the silverscreen...

Nicolas Boukhrief avec ses Gardiens de l’ordre nous sert sur un plateau d’argent un très bon policier à la sauce française : ses uniformes bleus, ses commissaires ronds-de-cuir et son flic borderline. Un rythme haletant, un suspense toujours présent, des personnages attachants grâce à leurs failles, voilà tous les ingrédients pour réussir un excellent polar.

Le pitch :

Une ronde de nuit classique. Trois gardiens de la paix sont appelés dans les beaux quartiers pour tapage nocturne. Avant qu’ils aient le temps de réaliser, le fauteur de troubles a abattu un des policiers. Les hommes en uniforme répliquent et blessent le tireur, le fils d’un député sous l’emprise d’une nouvelle drogue. Leur hiérarchie va donc leur dicter leurs rapports des faits. Ils décident alors de faire cavaliers seuls pour prouver leur innocence.

Mon avis :

Ce film est une vraie belle surprise comme je les aime dans les salles obscures ! Je me suis laissée entraîner dans cette histoire dès les premières scènes : Simon, un Fred Testot qui laisse sa casquette de comique au vestiaire, nous touche par son côté enfantin – sur les lieux d’un braquage, il ne peut s’empêcher de prendre quelques barres chocolatées ! -. Ses airs d’homme blessé nous interrogent sur le passé de son personnage : que fait-il dans cette brigade ? Pourquoi la mégère de service, et il y en a toujours une dans les administrations, le flique, le dévisage, fouille dans son dossier ? Croyez-moi, on oublie très vite que le complice d’Omar nous fit rire tous les soirs avec son Service Après Vente des Emissions !

Cécile de France, alias Julie, est sublime dans son rôle de « fliquette » bafouée. Femme à la fois forte et fragile, elle mène cette sombre intrigue à bout de bras. Avec Simon, son complice, elle n’hésite pas à se mettre hors-la-loi, à braver les interdits, à fréquenter l’infréquentable.

Pour leurs rôles, nos deux acteurs ont suivi une préparation bien spécifique : Gaëlle Cohen (qui a coordonné les cascades sur Rush Hour 3 ou encore sur OSS117, Le Caire nid d’espions) les a entrainés au tir et aux techniques d’auto-défense. Cette précision est importante… vous découvrirez le pourquoi du comment en allant voir ce film, et surtout en observant le jeu de Cécile de France.

Face à ces gentils flics, il fallait bien un méchant : c’est Julien Boisselier qui s’y colle et qui signe là sa troisième collaboration avec Nicolas Boukhrief (après Cortex et Le Convoyeur). Et croyez-moi, il joue le rôle du sale type à merveille ! Une explication peut-être. L’acteur avoue s’être inspiré d’une connaissance, un fils de bonne famille qui devient un délinquant notoire, persuadé d’être le vilain petit canard de la tribu. Il confesse aussi une autre influence : Julien Boisselier est un habitué du monde de la nuit, et il en connaît ses travers, avec sa population parfois peu recommandable. Et ça marche ! Son personnage, Marc, est à la fois poli et beau, il semble être le gendre idéal. Mais en creusant, on s’aperçoit vite que c’est un sadique !

D’autres éléments contribuent à nous faire croire à cette histoire, comme par exemple son origine. C’est en lisant un article du Parisien / Aujourd’hui en France que Nicolas Boukhrief découvre l’arrivée d’une nouvelle drogue, qui décuple l’agressivité de celui qui la consomme. Il explique son idée à sa productrice, qui est emballée. Mais il reste un détail à résoudre : la base du scénario de Boukhrief manque cruellement d’une touche féminine. C’est Dan Sasson, le scénariste, qui invente le personnage de Julie.

Un autre facteur, technique celui-ci, vient renforcer, la crédibilité du film. Il a été tourné en HD ce qui permet de montrer toutes les nuances et les subtilités de la nuit. Et croyez-moi, vous allez vous y perdre !

Pour la petite histoire, lorsque je suis sortie de la séance, bien dernière, car j’attends toujours la fin du générique, deux petites dames, la soixantaine bien tassée, m’interpellent. Elles voulaient avoir mon opinion sur le film : « Alors, vous en avez pensé quoi de film ? J’ai trouvé que l’histoire était bien racontée. Vous comprenez comme nous sommes de générations complètement différentes, j’aimerais savoir s’il vous a plu ? » Et nous voilà parties pour un échange passionné autour du film. A la fin de notre conversation, mes deux petites mamies se lâchent et avouent leur coup de cœur pour Fred Testot,  qu’elles ont trouvé « beau garçon ». C’est ça aussi le cinéma : des rencontres inattendues avec des personnes improbables au détour d’un couloir !

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