Archives de la catégorie ‘On the road again…’

Les fans d’Indochine attendaient avec impatience le 17 janvier : en effet, c’est la date choisie par le groupe pour sortir en DVD (et Blu-Ray) le désormais mythique concert du Stade de France (gentiment surnommé le SDF) du 26 juin 2010, Putain de Stade. Pour mémoire, Indochine a rempli le SDF, soit 80 000 spectateurs (dont je faisais partie), du jamais vu pour un groupe de rock français ! Retour sur un « putain » de concert.

N’en déplaise aux Indofans qui vont me lire, mais je vais commencer par les choses qui fâchent. Notre mise en bouche à été longue, voire pénible. Une mention spéciale tout de même aux Wampas et à leur chanteur survolté, Didier, que je n’avais jamais vus sur scène. On peut dire qu’ils ont mis le feu ! Zéro économie ! La pêche à 200% ! Le leader assure le show avec sa guitare Hello Kitty : un pogo assis sur une scène, le so rock jeté de guitare, le gars du public qui monte sur scène… La foule s’égosille sur le célèbre hymne Manu Chao. Après, ça se gâte un tantinet ! L’ambiance retombe comme un soufflé avec la DJette pseudo gothique, Miss Kittin. Et là, ca a été long, très long, trop long ! Le public fébrile s’impatiente : le set proposé flirte avec le degré zéro de l’ennui le plus ferme ! Ici et là, j’entends quelques huées mélangées à des sifflements.

Autre bémol, et pas des moindres : le groupe Indochine lui-même. Nicola Sirkis et son acolyte, Oli de Sat (un des deux guitaristes), ont trop insisté dans la presse sur les surprises du SDF. Il s’est dit que Jacques Dutronc himself viendrait chanter L’Opportuniste (info confirmée dans le très sérieux Rolling Stone qui a consacré un hors série aux Indoboys en juin 2010), ou encore que les anciens membres Dominique Nicolas et Dimitri Bodianski seraient de la partie (très peu probable pour le premier vu les tensions avec Sirkis, le second est venu jouer du saxophone sur un morceau avec Lou, la nièce de Nicola)… La seule chose dont on était sûr, et il aurait été difficile de ne pas le savoir, tant le groupe l’a rabâchée, c’est que le spectacle serait simple, humain et surtout pas un show à l’américaine avec de gros effets et tout le toutim ! Il me semble donc normal que le prix des places n’atteigne pas celui des grands groupes internationaux : c’est un peu « démago » de le répéter à longueur d’interview !

Au final, Indochine s’est produit pendant deux heures et demie avec une petite session acoustique où le groupe s’est jeté dans la fosse aux lions, euh, pardon, aux Indofans, grâce à une deuxième scène. Seul hic, le groupe tourne alors le dos à une partie du public, sauf Oli de Sat, qui excelle dans l’art du 360° ! Je tiens ici à remercier les écrans géants qui ont facilité la vie des spectateurs ce soir-là, dont la mienne ! En ce qui concerne le concert des Indoboys et leur prestation, comment dire ? Pour moi, il ne s’agissait que d’une date supplémentaire de leur folle tournée, le Meteor Tour : décors identiques, toujours le même medley. Seules différences notables : quelques chansons en plus, des écrans géants plus grands et un Nicola Sirkis plus ému qu’à l’accoutumée. Il est clair que la communication du groupe a été parfaite, et la mayonnaise a très largement pris. Le public a été séduit et conquis. Pour ma part, j’ai adoré vivre cet événement au milieu de 79 999 autres personnes : c’est très impressionnant  cette communion ! L’ambiance est toute particulière dans un stade, il faut vivre ça au moins une fois dans sa vie. Mais pourtant en quittant ma pelouse, c’est la déception qui l’emporte quand même : je n’ai pas été surprise, je revoyais pour la quatrième fois en peu de temps le même show. Je tiens à préciser quand même que j’ai passé un bon moment musical, mais pas « d’orgasme » musical, que j’ai bien chanté, et que j’ai bien mitraillé la scène !

Par contre, j’ai eu une révélation ce fameux 17 janvier. Bien sûr, je voulais la vidéo de ce concert auquel j’avais assisté et participé, et qui est aujourd’hui un pan de l’histoire du rock français. Et en amoureuse du rock et des beaux objets, j’ai craqué sur le collector, Forcément ! C’est une très belle box en métal : un super packaging comprenant trois DVD, deux CD, un poster, et là, le prix défie vraiment toute concurrence. Et bien croyez-moi ou non, mais j’ai redécouvert ce Putain de Stade. Première différence non négligeable, j’y vois superbement bien et le son est au point ! Ces considérations mises à part, j’ai pris une « putain » de claque. Le montage du film est parfaitement réalisé et on prend conscience de l’énormité « du truc ». Un mot : impressionnant. Ce n’est pas une foule, c’est un océan de fourmis massé derrière une scène prêt à acclamer un « putain » de groupe.  Et j’en étais !

Mais je reste sur mes positions, le concert est un Meteor Tour amélioré, sauf que cette « putain » date du 26 juin 2010 restera dans toutes les mémoires, y compris la mienne.

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Le retour du fils prodigue

Publié: 26 janvier 2011 dans On the road again...

Jamais de mémoire de festivaliers, on avait vu autant de monde au Rendez-Vous de Terres Neuves (Bègles). La raison ? A moins de 48h de l’ouverture du site, une folle rumeur envahit la presse locale : Bertrand Cantat ferait son grand retour sur scène à cette occasion. Et la rumeur n’en était pas une.

Le Rendez-Vous de Terres Neuves est un festival de la contre-culture où se côtoie une population hétéroclite entre bobos et babas, si j’ose dire, entre musique et débats citoyens. Mais pour cette édition 2010, il y avait une foule tous azimuts âgée de 7 à 77 ans, et les rencontres affichaient un fier « complet » ! La plupart du public n’avait qu’un but : assister à la renaissance musicale et scénique de Bertrand Cantat. Et il a fallu s’armer de patience ! Car ce n’est que vers minuit trente que l’inimaginable s’est produit… A la troisième chanson du groupe Eiffel… Tout en douceur ! Tout en discrétion ! Un « guest » de prestige s’est joint à la formation pour interpréter « A tout moment la rue ». Bertrand n’a pas parlé, il a juste chanté, avec un énorme sourire accroché au visage et une pêche d’enfer… Il a ensuite quitté la scène aussi discrètement qu’il est apparu. Le public, lui, est en délire… Moi, la première ! Il y avait aussi un poil de fébrilité parmi les spectateurs : tout le monde voulait se masser au plus près de la scène, bien conscient d’assister à un moment historique dans l’aventure du rock français, de surcroît d’origine bordeluche ! Puis la tension et les bousculades sont retombées… Eiffel a poursuivi sa performance. Les spectateurs n’attendent qu’une chose que Bertrand revienne pour chanter et pour parler ! C’est à la fin, vers une heure et demi du matin que le chanteur de Noir Désir a de nouveau investi la scène pour deux morceaux : « Le temps des cerises » dans une version plus rock que celle qui avait été mise en ligne gratuitement sur le site du groupe, et un morceau d’Iggy Pop « Search and Destroy ». Il a été génial, parfait, généreux, fougueux. Toujours son immense sourire accroché au visage. Le public lui est tout acquis bien sûr, il est aux anges scandant à tout-va des « Bertrand, on t’aime ». Visiblement ému, le leader charismatique de Noir Dez, comme on les appelle à la maison, m’a bouleversée, tout comme mes voisins et mes voisines avec son « Merci, ça fait chaud au cœur ». Je crois que je n’ai jamais vu quelqu’un prendre autant de plaisir sur scène. Je crois que je n’ai jamais vu, entendu et participé à une telle ovation.

Pendant la soirée, de nouveaux bruits parcourent déjà le chapiteau : la formation au grand complet se produirait dans les prochains jours sur la scène du Krakatoa (Mérignac).

16 juin 2010. Neuf ans presque jour pour jour (19 juin 2001), me revoilà devant le palais omnisports de Paris-Bercy (POPB), en train de patienter sur les marches, ou plus exactement de trépigner, car mon excitation est à son maximum ! Pourquoi ? Bon Jovi, mon groupe préféré parmi mes rockers favoris, offre à la France une date de leur Circle Tour.

Bercy est fébrile, surexcité, impatient ! Pour leur unique passage en France, Bon Jovi va avoir droit à un triomphe : le groupe est attendu comme le messie ! Et en bons gourous, les boys vont mettre en transe pendant deux heures et demie les dix-huit mille spectateurs. « Blood on blood » ouvre le bal sous les applaudissements et les cris d’une foule en délire ! L’entente entre les garçons fait plaisir à voir sur les écrans géants : comme au bon vieux temps, ils s’éclatent, même si on sait que le show est parfaitement répété et rôdé. La complicité du duo Jon Bon Jovi, le chanteur, et Richie Sambora, le guitariste, est émouvante. Le blond et le brun assurent le spectacle : l’accord parfait entre leurs deux physiques, l’accord parfait entre leurs timbres de voix, l’accord parfait sur scène. Le public communie totalement avec son groupe : les gestes de Jon, ce sacré showman, on les connaît, on les répète ; les chansons, on les récite, enfin, on les hurle. Pour moi, un seul mot convient pour exprimer ce que je ressens : amazing. Oui, ils sont étonnants, Jon, Richie, David Bryan (aux claviers), Tico Torres (l’incroyable batteur). Mais pas seulement, ils sont aussi irréels tant on les aime, sensationnels tant leur musique nous touche, généreux comme toujours. Je ne perds pas une miette de ce qui se passe devant mes yeux. Les écrans géants aidant, j’ai l’impression que le groupe est juste à côté de moi ! Pourtant, et ça personne n’a réussi à nous le cacher, Jon, le leader et fondateur charismatique, est épuisé. Il nous parle : « It’s been a long time. » Les caméras sont braquées sur lui : son visage, marqué par d’énormes cernes, trahit sa fatigue (le groupe a enchaîné les dates à l’O2 Arena, London). Ses traits sont très tirés. Sa voie est plus rauque qu’à l’accoutumée. Et en guise de réponse, on s’arrache les cordes vocales ! Ce cri, comme un seul homme signifie : « Revenez-nous vite les gars, ok ? » A croire que nous avons été aussi efficaces qu’une certaine pile (sponsorisée par un lapin rose !), car, Jon repart de plus de belle. Il ne s’économise pas, va d’un bout à l’autre de la scène, utilise les passerelles, dandine ses jolies petites fesses, saute à au moins trois mètres du sol, joue de la guitare, danse, sourit, jette des œillades… Le temps d’une pause, il laisse Richie pousser la chansonnette pour le plus grand bonheur de cet immense musicien, et pour le notre aussi : mister Sambora a un joli brin de voix et il diabolisé « Lay your hands on me ». La setlist est un savant mélange des succès des 80’s, sans oublier les standards des années quatre-vingt-dix, celles de la consécration, mais aussi les hits des années 2000. Au milieu du spectacle, un surprise nous attend : le groupe se déplace le long d’une rampe, pénètre au cœur même de la fosse (j’ai maudit ma place-gradin aussi bien située soit-elle) pour un petit tour en acoustique : c’est juste magique. Richie et Jon « grattent », le premier sa guitare à double manche, le second sa guitare sèche, David joue de l’accordéon, et Tico bat la mesure avec un étrange instrument. J’aime ces moments-là : pas d’artifice, pas de gros son, c’est juste de la (vraie bonne) musique.

Les boys ont peut-être vieilli, mais pas leur musique qui nous envoûte toujours autant. Ils n’ont pas perdu une once de leur légendaire énergie. Et avant de quitter la scène, ils nous proposent encore quelques morceaux pour un dernier rappel. A quand une prochaine date ?

Un petit mot sur la première partie :

Avant que les boys du New Jersey n’investissent la scène, Bon Jovi nous a réservé une belle surprise : One Republic a mis le feu au palais omnisports de Paris-Bercy. Pendant une trentaine de minutes, je découvre un groupe qui a une pêche d’enfer, qui montre un véritable plaisir à jouer sur scène. L’énergie de Ryan Tedder, le chanteur multi-instrumentiste de la formation, est largement communicative. Les rockers américains jouent leurs standards qui avaient inondé nos ondes l’été dernier. Ils nous proposent quelques morceaux que je ne connaissais pas. Bercy a très bien réagi au tour de chant proposé. La précision est importante, car je trouve le public parisien très dur, pas toujours réactif contrairement aux ambiances de folie que je peux rencontrer par chez moi, dans les petites ou grandes salles bordelaises ! Bon d’accord, il faut dire que les Parisiens étaient en sous-effectifs : en attendant l’ouverture des portes, j’avais fait un petit tour d’Europe avec les files d’attente voisines. Merci à Bon Jovi d’avoir si bien choisi cette petite mise en bouche… Les choses sérieuses peuvent alors commencer !

Sur un air de Californie

Publié: 26 janvier 2011 dans On the road again...

Le 23 novembre dernier, Robert Francis investit la scène de la Rock School Barbey. Une jolie découverte qui a enflammé cette petite salle bordelaise ô combien mythique.

Il aura fallu attendre 22h00 tapantes pour que Robert Francis et son groupe débarquent sur scène. Et en un seul morceau, le sieur Francis a envoûté un public un poil impatient ! Robert Francis est l’exemple même du mec à voir sur scène : il a une pêche d’enfer, il ne boude pas son plaisir, il échange intensément ses souvenirs « from Los Angeles » avec ses fans… On se sent proche de lui, surtout lorsqu’il rappelle qu’il est un peu bordelais grâce à une obscure ascendance… sous les applaudissements d’une foule ravie, et surtout, flattée ! Il n’hésite pas à raconter l’écriture de son premier morceau, de ses premières notes, il se remémore quelques bonnes virées avec ses potes de L.A. qui peuvent expliquer son état d’esprit au moment de composer. Un vrai partage comme on en voit rarement tant les shows sont rôdés : on entre dans son univers, il devient un ami. Sur scène, on a un jeune homme qui est vraiment ravi d’être là : pas avare en sourires ni en merci, il n’hésite pas à prendre les membres de son groupe dans ses bras, « I love my band ! », répète-t-il. Alors oui, le personnage est plus que sympathique (vivement une prochaine date !), mais en plus, il chante divinement bien. Sa voix est un vrai don ! Elle est envoûtante ! Pendant une heure et demie, on passe de morceaux très rock, à de belles ballades : c’est un pur moment de bonheur, ce que j’aime à appeler un orgasme musical ! Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu la Rock School aussi électrisée.

Au programme de cette bonne grosse heure musicale : les morceaux de l’album avec ces trois singles archi connu « Junebug », « Keep on running », « Nightfall », mais aussi des inédits qui sentent bon un prochain opus dans les bacs, vers février-mars 2011 semble-t-il.

Olympia d’Arcachon, vendredi 26 février. C’est dans une salle quasi complète que le chanteur Raphaël s’apprête à entamer son tour acoustique.

Aux environs de 21 heures, Raphaël arrive sur scène, sous les applaudissements d’un public déjà conquis et séduit. Il s’amuse, il joue avec les spectateurs, il raconte des historiettes pour introduire ses morceaux, les nouveaux comme les anciens. Sur scène, il est tout seul… Enfin presque… Un fidèle assistant lui fait passer ses précieuses guitares. Parfois, il s’accompagne d’un harmonica. A d’autres moments, il se met au piano. Mais ce n’est pas tout ! Raphaël nous invite dans son laboratoire musical. Juste devant lui, trônent un étrange double micro qui lui permet de transformer sa voix, mais aussi des boîtes à rythme, des modulateurs et même un dictaphone. Pendant près d’1h45, il passe de l’un à l’autre avec une facilité déconcertante et un plaisir communicatif, le tout magistralement éclairé par un génie du jeu de lumières. Le nom de sa tournée « Funambule » prend alors tout son sens.

Raphaël nous a servi sur un plateau ses standards que l’on aime tant, mais souvent dans des versions nouvelles, tantôt douces, tantôt énervées. Mais il a aussi testé ses futures chansons « certaines sont déjà enregistrées, d’autres pas », a-t-il précisé « parce que j’ai peur qu’on me jette des boulons ». Pour connaître le sens de cette allusion, il faudra aller voir ce jeune poète des temps modernes sur scène ! Cela dit, je sens d’ici votre curiosité, et pour dissiper un poil le mystère : disons qu’au lieu de craindre le traditionnel jet de tomates, Raphaël a la phobie des boulons. Mais il raconte cette histoire bien mieux que moi ! Au cours du spectacle, il s’est excusé à deux reprises pour ses coups de gueules musicaux. Ce sont de nouveaux morceaux. Et le public, très attentif, s’est focalisé sur le sens des paroles. Pari gagné : notre artiste a eu droit à une standing ovation. Et les spectateurs n’attendent désormais plus qu’une chose : son nouvel album.

Cette tournée acoustique le mènera sur toutes les routes de France. S’il passe près de chez vous, n’hésitez pas, réservez une place et foncez jusqu’à votre salle de spectacle.