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Une déferlante explosive

Publié: 25 juillet 2011 dans On the silverscreen...

1991. Une belle vague envahit nos salles de cinéma : Point Break / Extrême Limite (pour la version québécoise, la France préfèrera très vite le titre original). Aux commandes de ce film Kathryn Bigelow qui voue une véritable passion à l’océan et à son univers, avec son compagnon de l’époque, James Cameron (producteur non crédité du film). Devant la caméra, on retrouve un Patrick Swayze sexy en diable, et un jeune premier qui n’est autre que Keanu Reeves. Moi, je n’ai découvert ce film que quelques temps après sa sortie en salle : je l’ai vu pour la première fois à la télévision, et même si l’écran n’est pas géant, le film, lui, reste spectaculaire.

Le pitch :

Johnny Utah, un jeune inspecteur du FBI, débarque à Los Angeles. Sa première mission : démasquer et arrêter le gang des « anciens présidents ». Quatre braqueurs affublés des masques de Reagan, Carter, Nixon et Johnson (d’anciens dirigeants américain) dépouillent les banques de la Cité des Anges pendant la période estivale : en trois ans, vingt-six établissements ont été dévalisés. Pour Angelo Pappas (interprété par Gary Bussey), le baroudeur qui sert d’équipier à la nouvelle recrue, il s’agit de surfeurs, qui se remplissent les poches afin de voyager pour suivre leurs vagues. Et voilà notre Johnny qui doit s’infiltrer dans le milieu du surf californien.

Mon avis :

Commençons par éclaircir un point pour les profanes en matière de surf : le pointbreak représente des vagues qui déferlent autour d’une pointe rocheuse ou de sable. Leurs particularités : leurs formes se prêtent parfaitement à la pratique du surf. Maintenant que nous avons décodé le titre, plongeons-nous dans ce film, un des premiers autour du surf qui soit grand public.

La réalisation de miss Bigelow est époustouflante : les scènes d’action suivent les moments de tension. Ce film est un pur shoot d’adrénaline ! Seuls répits : les moments de contemplation face à l’océan ou encore les ralentis de la caméra qui nous font apprécier des paysages désertiques ou encore l’immensité du ciel ! En effet, on est troublé, lorsque Johnny Utah, incarné par le fougueux Keanu Reeves, découvre les sensations du surf nocturne. Il a l’impression de communier avec l’océan. Bien sûr, cette considération ne parlera sans doute qu’aux aficionados de l’océan, comme moi. Mais ses sensations, j’arrive à les comprendre, je parviens à les ressentir. Le manque que l’on a si l’on ne va pas à l’eau, je le saisis parfaitement. Il est clair que lorsqu’on a mis une fois ses pieds dans un océan, si on l’a respecté, s’il ne nous a pas rejeté(e), c’est une longue histoire d’amour qui commence. Bien sûr, si cette expérience vous est étrangère, vous passerez sans aucun doute à côté d’une partie du film, certainement la plus philosophique et la plus mystique.

Car à côté du film policier, c’est un vrai cri d’amour à la nature que nous propose Kathryn Bigelow. A l’eau, dans le ciel ou sur terre, elle nous montre la beauté de notre environnement. Comment ne pas le respecter ? Il est vrai que dans l’imaginaire collectif, les surfeurs sont de fervents défenseurs de la nature… Alors quels meilleurs hérauts que les dompteurs des vagues pour faire passer ce message ?

Bien sûr, il faudra fermer les yeux sur quelques incohérences. Encore que… Nos personnages sont des êtres humains, il est logique, qu’ils se contredisent ! Le plus bel exemple, c’est le personnage de Bodhi auquel Patrick Swayze donne magistralement vie. Côté pile, Bodhi est un beau gosse : blond, les yeux bleus, la barbe de trois jours. Il surfe comme un dieu. Il a une mentalité qui fait de lui un super pote et un amant très sollicité ! Lors d’une soirée, il dit sans complexe à Johnny, son protégé : « Tout ce qui est à moi est à toi. Fais comme chez toi ! » Côté face, c’est un être bien plus obscur : il prône la non violence, et pourtant, il terrorise les employés de banque, il n’hésite pas à faire enlever son ex petite amie, il se bat fièrement pour défendre ou son territoire ou son ami (dans ce cas précis, on le félicite)… Ou encore, il critique ses concitoyens « qui s’entassent dans des cercueils en métal aux péages » alors que lui utilise les phares des pick-up de sa bande pour éclairer le feu de camp de la plage !

Johnny est aussi un personnage très duel  car il se retrouve au milieu du trio infernal : passion, amour, amitié. Comment concilier les trois, surtout quand on est un agent fédéral ? Je crois qu’il ne parviendra jamais à le faire… Il ira contre les règles pour venir en aide à celle qu’il aime. Il ne pourra jamais se résoudre à arrêter Bodhi, son mentor. Il lui cèdera encore lorsque le gourou le suppliera : « Laisse-moi juste une vague. » Tout comme il ne pourra jamais raccrocher sa planche. Après un retard, il lance à son supérieur : « J’ai chopé une déferlante d’enfer ce matin, chef ! » A la fin du film, on voit aussi que son personnage a changé de look : tout de jeans vêtu, il s’est laissé poussé les cheveux. Je vous le disais quand on goûte à l’océan, on ne peut plus s’en passer ! Son geste le plus fort : jeter sa plaque à l’eau en pleine tempête !

Mais ces deux personnages sont très attachants : Bodhi, on a envie de tout lui pardonner. Quoi de plus normal pour un surfeur que de vouloir surfer les meilleurs spots au monde ? Vous me direz qu’il y a d’autres moyens ! C’est sûr… Je vais être l’avocat du diable : ces braquages se font toujours sans effusion de sang (enfin presque !). Et puis rappelez-vous : le surf ne s’est professionnalisé que dans le courant des années 90. Avant Kelly Slater qui a rendu ce sport ultra populaire, le surf était un milieu très marginal. Les sponsors ne se bousculaient pas au portillon ! Il fallait une solution, la bande à Bodhi a choisi de s’attaquer à un spectre du capitalisme ! Et Johnny nous émeut par sa naïveté, due à son jeune âge, mais aussi par son idéalisme. On a sans cesse envie de lui dire de faire attention à lui, de ne pas trop s’attacher…

Sachez que si ces rôles sont aussi criants de vérité, c’est grâce à leurs interprètes. Par exemple, pour la scène de la chute libre, Patrick Swayze ne s’est pas fait doubler. C’est une discipline sportive qu’il pratiquait. Son corps d’Apollon et ses gestes gracieux sont l’heureuse conséquence des années qu’il a passées sur les parquets des studios de danse. Keanu Reeves, lui, s’est un peu plus préparé physiquement : il a eu la chance d’observer de vrais agents du FBI de Los Angeles en action. Et pour peaufiner son jeu de footballeur américain, des entraîneurs de la prestigieuse université UCLA lui ont dispensé des cours !

Autre clin d’œil autour de ce film : la patte de James Cameron. En lisant à droite et à gauche des articles, je me suis rendue compte que les fans de mister Cameron avaient décelé dans ce film la signature du réalisateur, que l’on retrouvera dans ses productions. Par exemple, la célébrissime réplique de Johnny Utah « Je suis le roi du monde », reprise des années plus tard par un certain Leonardo di Caprio / Jack Dawson dans Titanic. Ou encore l’image de la femme forte : Tyler (jouée par Lory Petty) évolue courageusement dans un milieu d’hommes, un peu comme Linda Hamilton / Sarah Connor dans Terminator. Autre détail qui n’aura pas échapper aux passionnés : le fusil à pompe que Bodhi recharge d’une main, à la manière d’un Terminator !

Ce film a très nettement marqué son époque, il a très facilement passé le cap de la postérité. Aujourd’hui, il est culte ! Aux MTV Awards, Reeves a été sacré meilleur acteur face à Swayze, qui été aussi nominé. Des années plus tard, en France, on rend hommage à ce surf movie. D’abord dans la cultissime Cité de la Peur des non moins cultes Nuls. Alain Chabat reprend une scène, celle où Johnny loupe (volontairement) sa cible et vide son chargeur en tirant en l’air. Plus tard encore, Jean Dujardin, alias Brice de Nice, fait de Bodhi, son unique source d’inspiration dans la vie, allant jusqu’à voir plus de mille fois le film !

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Nicolas Boukhrief avec ses Gardiens de l’ordre nous sert sur un plateau d’argent un très bon policier à la sauce française : ses uniformes bleus, ses commissaires ronds-de-cuir et son flic borderline. Un rythme haletant, un suspense toujours présent, des personnages attachants grâce à leurs failles, voilà tous les ingrédients pour réussir un excellent polar.

Le pitch :

Une ronde de nuit classique. Trois gardiens de la paix sont appelés dans les beaux quartiers pour tapage nocturne. Avant qu’ils aient le temps de réaliser, le fauteur de troubles a abattu un des policiers. Les hommes en uniforme répliquent et blessent le tireur, le fils d’un député sous l’emprise d’une nouvelle drogue. Leur hiérarchie va donc leur dicter leurs rapports des faits. Ils décident alors de faire cavaliers seuls pour prouver leur innocence.

Mon avis :

Ce film est une vraie belle surprise comme je les aime dans les salles obscures ! Je me suis laissée entraîner dans cette histoire dès les premières scènes : Simon, un Fred Testot qui laisse sa casquette de comique au vestiaire, nous touche par son côté enfantin – sur les lieux d’un braquage, il ne peut s’empêcher de prendre quelques barres chocolatées ! -. Ses airs d’homme blessé nous interrogent sur le passé de son personnage : que fait-il dans cette brigade ? Pourquoi la mégère de service, et il y en a toujours une dans les administrations, le flique, le dévisage, fouille dans son dossier ? Croyez-moi, on oublie très vite que le complice d’Omar nous fit rire tous les soirs avec son Service Après Vente des Emissions !

Cécile de France, alias Julie, est sublime dans son rôle de « fliquette » bafouée. Femme à la fois forte et fragile, elle mène cette sombre intrigue à bout de bras. Avec Simon, son complice, elle n’hésite pas à se mettre hors-la-loi, à braver les interdits, à fréquenter l’infréquentable.

Pour leurs rôles, nos deux acteurs ont suivi une préparation bien spécifique : Gaëlle Cohen (qui a coordonné les cascades sur Rush Hour 3 ou encore sur OSS117, Le Caire nid d’espions) les a entrainés au tir et aux techniques d’auto-défense. Cette précision est importante… vous découvrirez le pourquoi du comment en allant voir ce film, et surtout en observant le jeu de Cécile de France.

Face à ces gentils flics, il fallait bien un méchant : c’est Julien Boisselier qui s’y colle et qui signe là sa troisième collaboration avec Nicolas Boukhrief (après Cortex et Le Convoyeur). Et croyez-moi, il joue le rôle du sale type à merveille ! Une explication peut-être. L’acteur avoue s’être inspiré d’une connaissance, un fils de bonne famille qui devient un délinquant notoire, persuadé d’être le vilain petit canard de la tribu. Il confesse aussi une autre influence : Julien Boisselier est un habitué du monde de la nuit, et il en connaît ses travers, avec sa population parfois peu recommandable. Et ça marche ! Son personnage, Marc, est à la fois poli et beau, il semble être le gendre idéal. Mais en creusant, on s’aperçoit vite que c’est un sadique !

D’autres éléments contribuent à nous faire croire à cette histoire, comme par exemple son origine. C’est en lisant un article du Parisien / Aujourd’hui en France que Nicolas Boukhrief découvre l’arrivée d’une nouvelle drogue, qui décuple l’agressivité de celui qui la consomme. Il explique son idée à sa productrice, qui est emballée. Mais il reste un détail à résoudre : la base du scénario de Boukhrief manque cruellement d’une touche féminine. C’est Dan Sasson, le scénariste, qui invente le personnage de Julie.

Un autre facteur, technique celui-ci, vient renforcer, la crédibilité du film. Il a été tourné en HD ce qui permet de montrer toutes les nuances et les subtilités de la nuit. Et croyez-moi, vous allez vous y perdre !

Pour la petite histoire, lorsque je suis sortie de la séance, bien dernière, car j’attends toujours la fin du générique, deux petites dames, la soixantaine bien tassée, m’interpellent. Elles voulaient avoir mon opinion sur le film : « Alors, vous en avez pensé quoi de film ? J’ai trouvé que l’histoire était bien racontée. Vous comprenez comme nous sommes de générations complètement différentes, j’aimerais savoir s’il vous a plu ? » Et nous voilà parties pour un échange passionné autour du film. A la fin de notre conversation, mes deux petites mamies se lâchent et avouent leur coup de cœur pour Fred Testot,  qu’elles ont trouvé « beau garçon ». C’est ça aussi le cinéma : des rencontres inattendues avec des personnes improbables au détour d’un couloir !

Depuis les débuts du 7ème art, les cinéastes ont une muse, New York, la Ville Lumière où l’on ne dort jamais. Big Apple inspire toujours le badaud qui pose ses valises sur son trottoir, transcende le New-Yorkais de souche et émerveille les touristes. Elle pousse au respect, à l’ouverture d’esprit, à la découverte de nouvelles expériences. Comment le cinéma ne pouvait-il pas lui rendre des hommages perpétuels ? Bien sûr, son plus grand amoureux est Woody Allen (malgré ses écarts de conduite qui l’ont  menés à Barcelone ou à Paris)… Talonné par ma petite personne ! Bien que je n’y ai jamais posé un pied (pas encore, mais ça ne saurait tarder !), New York exerce sur moi une réelle fascination : j’ai l’impression de connaître cette métropole quasi par cœur. Alors croyez-moi quand un film lui rend hommage, je suis la première à me rendre à une projection… Enfin, quand les cinémas daignent passer ce film : mon complexe habituel l’a boudé, heureusement mon cinéma d’art et d’essai préféré (ah, l’Utopia, que ferais-je sans ?), lui, n’a pas lésiné sur les séances !

Le pitch :

Après Paris, je t’aime (2005), Emmanuel Benbihy (un des producteurs avec Marina Grasic) poursuit son exploration des Villes de l’amour. Douze réalisateurs, pas forcément coutumiers de la Grosse Pomme, ont répondu favorablement au projet.

Mon avis :

Quelques précisions d’abord sur les règles de tournage auxquelles tous les cinéastes se sont pliés. Le court-métrage doit identifier un ou plusieurs quartiers new-yorkais et comporter une rencontre amoureuse. Enfin entre chaque histoire, que l’on appellera ici un segment, le fondu au noir est banni au début et à la fin. Chaque équipe doit tourner deux jours au maximum. Le montage ne doit pas excéder sept jours. Et enfin, seuls le chef décorateur, le chef costumier et le reste de l’équipe technique sont communs à tous les cinéastes. C’est donc un sacré défi que révèlent douze réalisateurs en seulement trente-six jours de tournage !

De Brooklyn à TriBeCa, en passant par Central Park, par Greenwich Village ou par Soho, Mira Nair, Fatih Akin, Jiang Wen, Yvan Attal, Allen Hughues, Shekkar Kapur (qui a remplacé au pied levé Anthony Minghella, disparu peu avant le début du tournage),  Shunji Iwai, Brett Ratner, Natalie Portman, Jason Reitman et Joshua Martson, le seul New-Yorkais de la bande, nous propose leur vision de la rencontre amoureuse. C’est Randall Balsmeyer (qui a collaboré avec Spike Lee, David Cronenberg ou encore les frères Coen) qui se charge de réaliser les transitions d’une réalisation à l’autre. Elles se font grâce à l’actrice franco-américaine Emilie Ohana (vue dans Vatel), qui observe et enregistre avec son petit caméscope la vie autour d’elle : « This town is full of surprises. / Cette ville regorge de surprises. »

Des prestigieux acteurs donnent vie aux tribulations des différents scénaristes. Natalie Portman, devant et derrière la caméra, est définitivement la seule femme au monde à pouvoir avoir le crâne rasé et à être ultra sexy. Nous les filles, on est toujours ravies de voir et revoir Andy Garcia en vieux beau filou, Orlando Bloom en musicien en mal d’inspiration, Hayden Christensen en petite frappe énigmatique et attachante, James Caan (le fameux Ed Deline de la série Las Vegas) en pharmacien loufoque, Bradley Cooper qui nous laisse deviner sa plastique parfaite, Chris Cooper en mari négligeant… Cependant mon coup de cœur est pour Ethan Hawke qui joue le rôle d’un écrivain sympathique, un poil sûr de lui… La scène où il drague une jeune femme est très savoureuse : son trouble lorsqu’il découvre que l’objet de son affection est une call girl est juste génial ! Son passage devant la caméra de notre exploratrice franco-américaine est des plus sympathiques. Son geste est très touchant !

J’ai également beaucoup aimé le segment avec Robin Wright Penn, toujours aussi belle et sensuelle. Elle part à la reconquête de son mari de la plus inattendue des façons.

Le court-métrage consacré au peintre est assez poignant. Très vite, on se mal à l’aise, mais on ignore pourquoi… jusqu’à ce qu’on découvre ce que les scénaristes lui ont réservé comme sort. On comprend très vite que New York est aussi fascinante qu’elle est cruelle. On le voit dans un taxi, un peu blasé, pas très enclin à faire la conversation au chauffeur… Ce dernier lui rappelle probablement ses premières sensations quand il a foulé le pavé new-yorkais en lui disant : « This is the capital of everything. / Ici, tout est possible. » On sent sa détresse, ses illusions perdues, son désarroi.

Un segment me laisse perplexe malgré l’incroyable interprétation de Shia Labeouf en valet handicapé. Son passage avec Isabelle, la chanteuse, (interprétée par Julie Christie) est difficile à cerner : on a des doutes, on s’interroge, on imagine une histoire, mais jamais on en n’a jamais le fin mot. Pourtant, j’ai retenu une phrase de cette artiste : « That’s what I love here in New York : people come from everywhere. / Ce que j’aime à New York : les gens viennent d’ailleurs. »

Un autre passage m’a énormément parlé : la jeune actrice, incarnée par Olivia Thirlby, est une adepte de la fameuse Méthode nous indique son père, joué par James Caan. J’ignore si tout le monde aura compris l’allusion, il s’agit évidemment de la célèbre méthode de Stanislavski, enseignée dans la plus grande école d’acteurs au monde, le Lee Strasberg Institute (anciennement connu sous le nom d’Actors Studio) – nb, je l’ai déjà évoquée dans East of Eden / A l’Est d’Eden. Les plus grands acteurs d’hier et d’aujourd’hui y sont passés plus ou moins longuement. Mais ce qui est sûr, c’est que cette institution est un véritable mythe new-yorkais, la Mecque des apprentis comédiens. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en découvrant cette scène !

Au total, cette déclaration d’amour à New York dure très précisément 1h43… Pourquoi ce détail me direz vous ? Car, en langage numérique, 143 signifie I love you ! Sachez aussi qu’une autre célébrité a participé à ce collectif, mais elle a été coupée au montage. Il s’agit de Scarlett Johansson qui s’essayait pour la première fois à la réalisation. Son These Vagabond Shoes avec Kevin Bacon a été supprimé de la version définitive (même s’il a été présenté dans son intégralité au festival de Toronto en 2008). Pourquoi cette terrible sanction ? J’ai visionné le segment sur youtube, l’actrice-chanteuse l’a elle-même mis en ligne. Il est très différent des autres courts-métrages : les personnages parlent peu, le rythme est assez lent, elle a choisi de tourner en noir et blanc. Je ne pense pas qu’il aurait pu s’intercaler dans ces historiettes new-yorkaises. A vous de juger en cliquant sur votre moteur de recherche.

L’aventure ne s’arrête pas à New York. Les prochaines destinations des Villes de l’amour : Rio, Shangaï, Jérusalem et Mumbai. A surveiller de très, très près.

Cela faisait huit ans que j’attendais son retour devant la caméra, et c’est avec un thriller haletant que Mel Gibson signe son come back en tant qu’acteur. Injustement passé inaperçu, voire méchamment critiqué, Hors de contrôle / Edge of Darkness, est pourtant un excellent film policier, réunissant les bons ingrédients, le suspense, les trahisons, les coups de feu, sans oublier une bonne dose de pression psychologique !

Le pitch :

Thomas Craven est un inspecteur de la brigade criminelle de Boston. A l’ancienne, il ne sort jamais sans son imperméable, ni sans son calepin ! Sa fille, Emma, 25 ans, revient le voir le temps d’un week-end dans la maison familiale. Mais les retrouvailles tournent au cauchemar : la jeune femme se fait descendre sur les marches de la maison des Craven. Thomas croit qu’il est la cible de cet assassinat, mais au fur et à mesure de son enquête, il va découvrir une facette méconnue de sa fille unique.

Mon avis :

Quel bonheur de revoir Mel Gibson faire l’acteur ! Quelle joie aussi de le retrouver sur les plateaux de télévision pour faire la promotion de son film : il a été irrésistible sur le plateau du Grand Journal de Michel Denisot. Son dernier rôle au cinéma était celui de Graham Hess dans Signes / Signs. Depuis, il a sévi en tant que réalisateur (les très controversés La Passion du Christ et Apocalypto). Et dans le dernier film de Martin Campbell, il revient à ses amours, le métier d’acteur, non sans cacher qu’il a besoin d’argent pour sa prochaine grande réalisation : un film sur les Vikings, avec Leonardo Di Caprio, dont il avoue être fan. Et il joue toujours aussi bien : il a vraiment ça dans le sang ! On se demande qui souffre entre Mel et Thomas ? Quand on sait qu’il est à la tête d’une tribu de huit enfants, on n’a aucun mal à imaginer son désarroi de père face à la perte de son enfant unique. Mel/Thomas est accablé par le chagrin, et moi aussi. Impossible de ne pas avoir le cœur brisé quand on voit ses réactions, sa douleur. Impossible de ne pas le soutenir dans sa quête de vérité. Et impossible de ne pas valider ses actes, même les plus borderline !

C’est vrai, je le confesse Mel Gibson est l’acteur de ma vie ! Je vais avoir beaucoup de mal à être objective. Mais même si la sacro-sainte critique a boudé ce film, dans la salle obscure, on était plusieurs à applaudir des deux mains ce retour et à avoir trouvé le film très bon. Et je doute que la salle entière était atteinte de « mel-addiction » !

Mais revenons au film à proprement parler ! Hors de Contrôle / Edge of darkness est en réalité l’adaptation d’une mini-série britannique diffusée en 1986 sur la chaîne BBC. A l’époque déjà, Martin Campbell sévissait à la réalisation, et elle était scénarisée par Troy Kennedy-Martin. Mais pour passer des six heures de la petite lucarne au format de deux heures sollicité par le grand écran, Campbell s’est entouré d’une armée de scénaristes ! Rendre le film palpitant tout en réduisant l’intrigue, telle a été la tâche l’australien Andrew Bovell (qui a notamment travaillé avec le génial Baz Luhrmann dans Ballroom Dancing) et de William Monahan. Mission accomplie les garçons ! Notons que si le nom de Martin Campbell vous dit quelque chose, c’est normal, c’est un spécialiste « ès » films d’action : il a réalisé par exemple Golden Eye, Le Masque de Zorro et sa suite La Légende de Zorro (que j’ai adoré !) ou encore Casino Royale. Alors, attachez bien votre ceinture pour les deux prochaines heures.

Mais pour réussir ce pari, sans trahir l’atmosphère du policier, sans tomber dans le thriller hyper moderne, les costumiers ont eu du pain sur la planche. J’en parlais dans le synopsis du film : Thomas est inséparable de son imperméable couleur beige, un peu comme le célèbre inspecteur Columbo, que l’on a rarement vu sans sa gabardine ! Ce vêtement était un élément emblématique pour la télévision, il le sera pour le cinéma. Voyons l’analyse de Lindy Hemming, la chef costumière : « Il garde cet imperméable pendant presque tout le film. D’une certaine façon, cela fait de lui un être isolé et différent dans ce monde où la plupart des gens sont en costume ou en uniforme de policier (…). Nous avons fait faire vingt-cinq imperméables ordinaires et identiques pour Craven. Plus il avance dans l’histoire, plus ils sont abîmés et reflètent l’usure du personnage. » Et c’est peut-être ce détail qui donne un supplément d’âme à Thomas Craven.

L’équipe des décorateurs n’a pas été en reste non plus. Regardez le complexe de Northmoor (ah, ah, allez donc voir le film pour savoir ce que vient faire ce complexe dans cette histoire, car si j’en dis trop, good bye le suspense !) : le chef décorateur, Tom Sanders a fait construire à l’Ouest du Massachussets (à Amherst) un décor à l’extérieur du centre stratégique militaire aérien… Et vous savez quoi ? C’est là où se trouvait LE bouton de la bombe nucléaire dans les années 60 !

L’équipe du film a dû relever un autre défi : remplacer Robert de Niro. En effet, il devait interpréter le rôle de l’agent de la CIA, Darius Jedburgh. Mais pour des « divergences artistiques », il a quitté le plateau ! Dommage, vous imaginez l’affiche : Gibson et de Niro partageant un même film ! Un manque qu’il faudra très vite combler et qui ravira tous les fans des deux acteurs, et même les autres ! C’est donc Ray Winstone qui le remplacera : il campe parfaitement son rôle, mais je ne peux m’empêcher de penser que Bob de Niro aurait été encore plus impeccable, ne serait-ce que par sa « gueule » et les mimiques qu’il lui donne !

Du coup, on se contentera de Mel Gibson, si j’ose dire ! Et bien croyez-moi, il n’a rien perdu de ses talents d’acteur. Je ne vais revenir sur ses sentiments que le spectateur ressent à 2000% ! J’ai versé plusieurs grosses larmes (bon, d’accord, je ne suis pas une référence, je pleure énormément dans les salles obscures !). Mais en huit ans d’absence, il n’a rien oublié ! Il est toujours aussi présent et charismatique. La caméra est littéralement amoureuse de lui ! Il n’a pas rien perdu non plus de ses prédispositions de cascadeur. A 54 ans, le garçon est toujours un solide gaillard, même si ses muscles se font un peu plus discrets ! Il joue toujours aussi bien des poings et des gamelles ! Il donne beaucoup, mais en reçoit pas mal aussi. Lors de la promotion du film, l’acteur a confié ne pas s’être fait doubler pour les scènes de bagarre, notamment avec le fiancé de sa fille. Mais il avoue avoir du mal a s’en remettre : il faut dire que le petit jeune balance son aîné manu militari ! Et pour l’aider à affronter ses prises (de risques et coups), il a fait appel à un masseur pour remettre ses « vieux os » en place !

Un petit potin pour finir… Et ne faites pas les gros yeux, je sais que vous aimez bien les petites histoires. Tendez l’oreille à la fin du film. Le générique final Say my name a été écrit par Mel Gibson (un talent d’auteur qu’il nous avait caché jusqu’ici), et il est interprété par Oksana Grigorieva, sa compagne, ou son ex-amie (cela ne nous regarde pas !)… Je savais que vous trouveriez ceci intéressant !

Iron Man 2 n’est pas exactement ce que je préfère dans le cinéma, je n’ai même pas vu le 1 (je confesse cependant être une grande fan des adaptations cinématographiques de Spiderman et des X-Men). Mais à force de voir la bande d’annonce, et surtout la frimousse de Robert Downey Jr, je me suis laissée tenter par ce film 100% divertissement, une mission qu’il accomplie très largement. Un vrai régal, avec toujours derrière la caméra, Jon Favreau !

Le pitch :

Tony Stark est Iron Man, et ça tout le monde le sait ! Le milliardaire garde jalousement les secrets de son armure super puissante au grand dam du gouvernement américain et de ses concurrents. Pourtant, à l’autre bout de la planète, le sombre Whiplash a mis la main sur des plans top secrets. Son but : se venger de la famille Stark qu’il tient pour responsable de la déchéance de son père. Une nouvelle guerre va commencer.

Mon avis :

Les extraits et la bande d’annonce étaient prometteurs : de l’action, du grand spectacle, des effets spéciaux, une belle brochette d’acteurs parmi lesquels, les filles, le beau Robert Downey Jr, les garçons, l’hitchcokienne Gwyneth Paltrow et la sculpturale Scarlett Johansson. Croyez-moi, vous n’allez pas être déçu/e. Le film s’ouvre sur la cérémonie d’inauguraton de l’exposition des industries Stark. Le show est hors norme, à l’image de son narcissique propriétaire Tony Stark. Robert Downey Jr est irrésistible dans ce rôle quelque peu mégalo, et si désinvolte. Mais en creusant bien sous l’armure, on se rend compte que cette assurance, que cette autosatisfaction masquent une ancienne blessure : le manque de reconnaissance de son père. Autre point fort du séduisant Bob : son physique. Les filles, préparez-vous à être toutes choses dans deux scènes. Celle où il travaille d’arrache-pied sur la transformation d’une molécule permettant de sauver Iron Man : il était vêtu d’un petit marcel noir qui lui va ravir. Et à la fin du film, où l’air de rien, il bavarde : il porte un bas de jogging qui ne cache pas l’anatomie rebondie de ses petites fesses !

Rassurez-vous les garçons, vous n’allez pas être déçus non plus. L’incontournable Scarlett Johansson est au générique de ce blockbuster. Elle joue un double rôle : la candide Natasha Romanoff, au service de Stark Industrie et l’hyper agile Veuve Noire. Elle avoue s’être beaucoup préparée pour ce rôle : de l’entraînement sportif avant et pendant le tournage, et le visionnage de quelques classiques pour parfaire son rôle de femme fatale (Greta Garbo dans Ninotchka et Barbara Bach dans L’Espion qui m’aimait pour les cinéphiles). Et messieurs, vous allez adoré le résultat : elle est sublime. Seul bémol peut-être : son rôle aurait mérité un peu plus d’épaisseur. Je trouve que parfois, elle n’est vraiment que la jolie plante !

Gwyneth Paltrow rempile avec son rôle de Pepper Potts. Cette fois, elle est nommée présidente du groupe Stark, ce qui va lui valoir des bons coups de stress ! D’autres stars du cinéma ont répondu présentes : Don Cheaddle incarne un lieutenant de l’armée américaine, Jim Rhodes. Son amitié avec Iron Man va le mettre dans plusieurs positions très inconfortables. Mais bon, il aura l’occasion de revêtir une des armures de son ami ! Et enfin, le charismatique Samuel L. Jackson est toujours Nick Fury.

Mais celui qui mérite peut être la palme du meilleur acteur dans cet opus, c’est sûrement, Mickey Rourke : il incarne à la fois le russe Ivan Vanko et l’électrique Whiplash. Comme chacun le sait, Rourke revient de très loin, à croire que cela lui a servi pour jouer son rôle de victime spoliée. Il est juste bluffant. Il présente une carrure absolument incroyable et joue sa partition à la perfection. Les scènes où il est avec son ami le perroquet sont très touchantes ; lorsqu’il devient méchant, on voit la haine et l’esprit de revanche dans ses yeux ; lorsqu’il perfectionne ses robots, sa détermination se lit dans chacun de ses gestes.  Une précision tout de même sur son rôle : dans la BD, ces deux personnages, Vanko et Whisplash, sont bien distincts.

Les scénaristes ont fait d’autres infidélités aux personnages crées par Stan Lee, Don Heck, Larry Lieber et Jack Kirby. Par exemple, le rival de Stark est Justin Hammer (interprété par Sam Rockwell), ça, ça ne change. Seule différence : l’âge du personnage. Dans le comic, c’est un vieux milliardaire tandis que dans le film, il a approximativement l’âge de Stark.

Dans les secrets de tournage, notons aussi que le story board de toutes les scènes d’actions a été confié à Genndy Tartakovsky, un spécialiste de l’animation (qui a travaillé notamment sur la série Dexter). Côté musique, le film rend hommage à l’œuvre d’AC/DC, mais pas seulement, on notera le mythique Should I stay or should I go des  Clash ou encore le légendaire An another bites the dust de Queen… Le tout pour un résultat très efficace, qui rythme parfaitement les notes du film.

Au final, Jon Favreau nous propose un film déjanté et démesuré. En allant voir Iron Man 2, vous signez pour deux heures d’action, un peu d’inquiétude et beaucoup de rires. Un cocktail des plus réussis !

Ou quand on a une vingtaine d’années et qu’on est étudiant ! London Nights / Unmade Beds (on se demande encore une fois pourquoi la version française a changé le titre, et surtout dans ce cas-là, pourquoi conserver la langue de Shakespeare ?) est une vraie madeleine de Proust pour tous ceux et toutes celles qui ont très largement profité de leurs années campus !

Le pitch :

Pendant un peu plus d’une heure et demie, vous allez assister aux tribulations de jeunes expatriés sur leur nouveau terrain de jeu, Londres.

Mon avis :

Alexis Dos Santos, qui a déjà réalisé quelques courts-métrages sur l’adolescence, propose avec son London Nights / Unmade Beds un vagabondage principalement nocturne de jeunes étudiants au cœur d’une des villes les plus attrayantes et les plus cosmopolites qui soit, Londres.

Axl, joué par Fernando Tielve, Mike, interprété par Iddo Goldberg et Hannah, incarnée par Katia Winter sont colocataires, où plus exactement partagent le même squat dans un entrepôt londonien. Avec eux, d’autres jeunes sont de passage pour une nuit, ou pour plusieurs. Parfois, ils se croisent, et parfois non ! Leurs échanges se font toujours en langue anglaise (ils viennent de tous les pays, c’est donc plus pratique !). Leur vie est atypique : on voit leurs maux, leurs virées by night, leurs doutes… Jamais cette bande de potes n’est filmée sur les bancs de la fac. On a l’impression qu’ils ont du mal se faire une place dans le monde. Ces trois personnages montrent en fait une jeunesse en manque de repères et qui fuit l’horrible réalité dans une vie de bohème et de fêtes où se mêlent le sexe, la drogue et l’alcool ! Une vraie vie d’étudiant, non ?

Ce qui m’a aussi frappée dans ce film, c’est l’incroyable solidarité qui existe entre ces jeunes, même quand ils se connaissent à peine ! Et ça, par contre, je n’en garde aucun souvenir de mes années universitaires. Entre potes, c’est à la vie, à la mort, sinon, c’est marche ou crève ! En effet, Axl, qui flirte très souvent avec ses limites, s’en sort toujours à merveille : quelqu’un est toujours là pour lui prêter un lit, pour lui offrir un petit-déjeuner ou encore pour l’écouter !

Déborah François, la frenchy du groupe qui joue le rôle de Vera, est aussi dans une grande détresse : elle erre la nuit, elle boit, elle se donne… Et pour une fois, c’est Axl, qui lui venir en aide, en tout bien, tout honneur, et entre deux verres de vins ! Les divagations des jeunes sont illustrées par des séquences tournées en 8 mm  et par des séquences photos : ces montages évoquent leur imaginaire, leurs pensées. Et le film en est truffé !

On peut dire que cette joyeuse bande est dans une période transitoire de sa vie : c’est le grand défouloir avant l’âge de raison. Mais ce qu’il est important de noter aussi, c’est que ces rencontres, qui se transforment en histoire d’amitié ou d’amour, permettent aux jeunes de s’affirmer et de s’affranchir d’un modèle parental. C’est bien connu : on choisit ses amis, pas sa famille. C’est vrai qu’avec le temps, toutes ses personnes forment une nouvelle famille. Et là, n’importe quel spectateur peut s’identifier : on a tous et toutes une famille de cœur, qui parfois compte beaucoup, beaucoup, beaucoup.

Bien sûr, vous allez ressentir comme un déjà-vu, non pas dans les plans ou dans l’histoire (encore que), mais surtout dans les sentiments des personnages et leur proximité : le rapprochement avec une certaine Auberge Espagnole de Cédric Klapisch est inévitable (attention, le film de Klapisch est plus léger, plus coloré, ses personnages sont aussi très différents).

Autre point commun avec la célèbre Auberge : une bande son impeccable. La musique est omniprésente du début à la fin du film, avec quelques petits live d’enfer dans des petits bars made in London. Le réalisateur confesse : « Je ne concevais pas un film adressé aux jeunes sans musique. »

Il ne me reste plus qu’une seule chose à dire : « Enjoy ! »

Voilà un film que j’ai découvert un peu par hasard ! J’avais loupé ma séance, et je me suis rappelée qu’une de mes amies avait très envie de voir ce premier long-métrage de Yasmina Reza, en tant que réalisatrice… Et bien me voilà partie pour 1h24… d’ennui !

Le pitch :

Pilar est une dame d’un certain âge, maman de trois filles. Espagnole d’origine, elle a émigré en France où elle a élevé sa progéniture : trois enfants très différents les unes des autres ! Devenue veuve, elle tombe amoureuse de son gérant d’immeuble et décide de le présenter à sa famille, lors d’un déjeuner aux frontières du réel !

Mon avis :

Les premières minutes du film sont intéressantes et poussent à la réflexion : pourquoi cette vieille dame, Pilar, retourne en Espagne pour se séparer de ses derniers biens fonciers, biens qui se trouvent donc sur sa terre natale. Elle est accompagnée par sa fille, Nuria, incarnée par Emmanuelle Seigner. Moi, je me suis imaginée que pour Pilar c’était un acte difficile de rompre avec la terre de ses ancêtres, avec ses souvenirs… En fait, non ! J’ai plutôt l’impression qu’il s’agissait d’une libération. Pourquoi pas ? Après tout, chacun est libre de ses sentiments et de ses émotions…

Une fois l’épisode espagnol passé, on se retrouve en France ! On découvre la tribu de Pilar. Ses filles ont toutes les trois des caractères bien définis et des signes bien particuliers. Nuria, Mme Polanski à la ville, est une célèbre star de cinéma en mal d’amour. Son petit ami, un acteur connu, la délaisse. Son désespoir est palpable. Mais pourtant, je n’y ai pas adhéré une seconde. Avec son air désespéré, quasi maladif, on a juste envie de lui : « Mais bouge-toi ! Sors de ton cocon hollywoodien et profite de ce que la vie t’offre ! » Une scène très pathétique m’a agacée : Nuria doit assister à une remise de prix, et elle ne sait pas quelle robe choisir. En voilà un dilemme ! Pendant le déjeuner familial, elle en profite pour faire un essayage de deux robes très provocantes, mettant à mal le calme de ses messieurs, à savoir le mari de sa sœur, et l’ami de sa mère ! Bien sûr, la caméra s’attarde sur la plastique de Seigner, une scène qui, je trouve ne se justifiait pas, ou du moins pas tournée comme on nous le propose (n’allez pas croire que la nudité me gêne au cinéma, pas du tout, je veux juste qu’elle soit filmée avec poésie ou avec violence en fonction du film… mais dans ce précis, dans cette chambre si froide, c’était juste vide et creux, un peu comme Nuria).

Les deux autres sœurs de Nuria sont tout aussi singulières : Valérie Dréville joue Aurélia et Christelle Tual interprète Christal. La première est une actrice ratée, qui trouve un exutoire dans le théâtre amateur. Les scènes où elle répète sont épouvantables ! De toute évidence, elle jalouse le succès de sa cadette. Parfois, elle arrive à relativiser et des moments complices voient le jour, parfois, sa haine prend le dessus et ce n’est pas beau à voir ! La seconde est une mère de famille un peu fofolle qui s’ennuie dans sa vie bien rangée. Elle y met du piment en ayant un amant, qui se révèle lâche au possible. C’est peut-être le personnage le plus attachant du film, car j’arrive à ressentir de la compassion pour cette femme.

Et bien sûr, il y a la matriarche : Pilar. Très amoureuse de son Fernand, elle espère que la rencontre avec ses filles se passera bien. Ce sera un fiasco où les vraies natures vont ressortir devant un Fernand complètement dépassé par ses filles qui « je t’aime, moi non plus » et qui ont un vrai problème de respect. Et cette pauvre Pilar… Il lui arrive d’agir comme une enfant, alors qu’elle devrait mener sa tribu tambour battant ! Au menu : des crises d’hystérie, des pleurs et de la casse ! Moi, cela m’aurait coupé l’appétit !

Un mot sur André Dussolier. Il est Fernand, l’amoureux transi de Pilar, et n’arrive pas à sauver le film du naufrage ! Il interprète un parfait gentleman, un poil coincé, fier de ses acquis et de son savoir, et surtout très ennuyeux ! Et pourtant j’adore Dussolier pour son jeu toujours impeccable, pour ses prises de risque, pour sa voix qui envoûte le spectateur, pour ses mimiques à la fois drôles et graves… Mais là, tout excellent acteur qu’il soit, la sauce ne prend pas. J’ai juste l’impression qu’il s’ennuie et que lui-même ne croit pas à son personnage.

Enfin ce qu’il faut savoir à propos de ce film, c’est qu’il s’agit de la fidèle (le nom à son importance) adaptation cinématographique d’une pièce de théâtre intitulée Une pièce espagnole, écrite par Yasmina Reza elle-même. Peut-être que ce huis clos s’adapte parfaitement au théâtre, mais au cinéma, c’est d’un ennui et d’une platitude comme j’en ai rarement vus !