Iron Man 2 n’est pas exactement ce que je préfère dans le cinéma, je n’ai même pas vu le 1 (je confesse cependant être une grande fan des adaptations cinématographiques de Spiderman et des X-Men). Mais à force de voir la bande d’annonce, et surtout la frimousse de Robert Downey Jr, je me suis laissée tenter par ce film 100% divertissement, une mission qu’il accomplie très largement. Un vrai régal, avec toujours derrière la caméra, Jon Favreau !

Le pitch :

Tony Stark est Iron Man, et ça tout le monde le sait ! Le milliardaire garde jalousement les secrets de son armure super puissante au grand dam du gouvernement américain et de ses concurrents. Pourtant, à l’autre bout de la planète, le sombre Whiplash a mis la main sur des plans top secrets. Son but : se venger de la famille Stark qu’il tient pour responsable de la déchéance de son père. Une nouvelle guerre va commencer.

Mon avis :

Les extraits et la bande d’annonce étaient prometteurs : de l’action, du grand spectacle, des effets spéciaux, une belle brochette d’acteurs parmi lesquels, les filles, le beau Robert Downey Jr, les garçons, l’hitchcokienne Gwyneth Paltrow et la sculpturale Scarlett Johansson. Croyez-moi, vous n’allez pas être déçu/e. Le film s’ouvre sur la cérémonie d’inauguraton de l’exposition des industries Stark. Le show est hors norme, à l’image de son narcissique propriétaire Tony Stark. Robert Downey Jr est irrésistible dans ce rôle quelque peu mégalo, et si désinvolte. Mais en creusant bien sous l’armure, on se rend compte que cette assurance, que cette autosatisfaction masquent une ancienne blessure : le manque de reconnaissance de son père. Autre point fort du séduisant Bob : son physique. Les filles, préparez-vous à être toutes choses dans deux scènes. Celle où il travaille d’arrache-pied sur la transformation d’une molécule permettant de sauver Iron Man : il était vêtu d’un petit marcel noir qui lui va ravir. Et à la fin du film, où l’air de rien, il bavarde : il porte un bas de jogging qui ne cache pas l’anatomie rebondie de ses petites fesses !

Rassurez-vous les garçons, vous n’allez pas être déçus non plus. L’incontournable Scarlett Johansson est au générique de ce blockbuster. Elle joue un double rôle : la candide Natasha Romanoff, au service de Stark Industrie et l’hyper agile Veuve Noire. Elle avoue s’être beaucoup préparée pour ce rôle : de l’entraînement sportif avant et pendant le tournage, et le visionnage de quelques classiques pour parfaire son rôle de femme fatale (Greta Garbo dans Ninotchka et Barbara Bach dans L’Espion qui m’aimait pour les cinéphiles). Et messieurs, vous allez adoré le résultat : elle est sublime. Seul bémol peut-être : son rôle aurait mérité un peu plus d’épaisseur. Je trouve que parfois, elle n’est vraiment que la jolie plante !

Gwyneth Paltrow rempile avec son rôle de Pepper Potts. Cette fois, elle est nommée présidente du groupe Stark, ce qui va lui valoir des bons coups de stress ! D’autres stars du cinéma ont répondu présentes : Don Cheaddle incarne un lieutenant de l’armée américaine, Jim Rhodes. Son amitié avec Iron Man va le mettre dans plusieurs positions très inconfortables. Mais bon, il aura l’occasion de revêtir une des armures de son ami ! Et enfin, le charismatique Samuel L. Jackson est toujours Nick Fury.

Mais celui qui mérite peut être la palme du meilleur acteur dans cet opus, c’est sûrement, Mickey Rourke : il incarne à la fois le russe Ivan Vanko et l’électrique Whiplash. Comme chacun le sait, Rourke revient de très loin, à croire que cela lui a servi pour jouer son rôle de victime spoliée. Il est juste bluffant. Il présente une carrure absolument incroyable et joue sa partition à la perfection. Les scènes où il est avec son ami le perroquet sont très touchantes ; lorsqu’il devient méchant, on voit la haine et l’esprit de revanche dans ses yeux ; lorsqu’il perfectionne ses robots, sa détermination se lit dans chacun de ses gestes.  Une précision tout de même sur son rôle : dans la BD, ces deux personnages, Vanko et Whisplash, sont bien distincts.

Les scénaristes ont fait d’autres infidélités aux personnages crées par Stan Lee, Don Heck, Larry Lieber et Jack Kirby. Par exemple, le rival de Stark est Justin Hammer (interprété par Sam Rockwell), ça, ça ne change. Seule différence : l’âge du personnage. Dans le comic, c’est un vieux milliardaire tandis que dans le film, il a approximativement l’âge de Stark.

Dans les secrets de tournage, notons aussi que le story board de toutes les scènes d’actions a été confié à Genndy Tartakovsky, un spécialiste de l’animation (qui a travaillé notamment sur la série Dexter). Côté musique, le film rend hommage à l’œuvre d’AC/DC, mais pas seulement, on notera le mythique Should I stay or should I go des  Clash ou encore le légendaire An another bites the dust de Queen… Le tout pour un résultat très efficace, qui rythme parfaitement les notes du film.

Au final, Jon Favreau nous propose un film déjanté et démesuré. En allant voir Iron Man 2, vous signez pour deux heures d’action, un peu d’inquiétude et beaucoup de rires. Un cocktail des plus réussis !

Ou quand on a une vingtaine d’années et qu’on est étudiant ! London Nights / Unmade Beds (on se demande encore une fois pourquoi la version française a changé le titre, et surtout dans ce cas-là, pourquoi conserver la langue de Shakespeare ?) est une vraie madeleine de Proust pour tous ceux et toutes celles qui ont très largement profité de leurs années campus !

Le pitch :

Pendant un peu plus d’une heure et demie, vous allez assister aux tribulations de jeunes expatriés sur leur nouveau terrain de jeu, Londres.

Mon avis :

Alexis Dos Santos, qui a déjà réalisé quelques courts-métrages sur l’adolescence, propose avec son London Nights / Unmade Beds un vagabondage principalement nocturne de jeunes étudiants au cœur d’une des villes les plus attrayantes et les plus cosmopolites qui soit, Londres.

Axl, joué par Fernando Tielve, Mike, interprété par Iddo Goldberg et Hannah, incarnée par Katia Winter sont colocataires, où plus exactement partagent le même squat dans un entrepôt londonien. Avec eux, d’autres jeunes sont de passage pour une nuit, ou pour plusieurs. Parfois, ils se croisent, et parfois non ! Leurs échanges se font toujours en langue anglaise (ils viennent de tous les pays, c’est donc plus pratique !). Leur vie est atypique : on voit leurs maux, leurs virées by night, leurs doutes… Jamais cette bande de potes n’est filmée sur les bancs de la fac. On a l’impression qu’ils ont du mal se faire une place dans le monde. Ces trois personnages montrent en fait une jeunesse en manque de repères et qui fuit l’horrible réalité dans une vie de bohème et de fêtes où se mêlent le sexe, la drogue et l’alcool ! Une vraie vie d’étudiant, non ?

Ce qui m’a aussi frappée dans ce film, c’est l’incroyable solidarité qui existe entre ces jeunes, même quand ils se connaissent à peine ! Et ça, par contre, je n’en garde aucun souvenir de mes années universitaires. Entre potes, c’est à la vie, à la mort, sinon, c’est marche ou crève ! En effet, Axl, qui flirte très souvent avec ses limites, s’en sort toujours à merveille : quelqu’un est toujours là pour lui prêter un lit, pour lui offrir un petit-déjeuner ou encore pour l’écouter !

Déborah François, la frenchy du groupe qui joue le rôle de Vera, est aussi dans une grande détresse : elle erre la nuit, elle boit, elle se donne… Et pour une fois, c’est Axl, qui lui venir en aide, en tout bien, tout honneur, et entre deux verres de vins ! Les divagations des jeunes sont illustrées par des séquences tournées en 8 mm  et par des séquences photos : ces montages évoquent leur imaginaire, leurs pensées. Et le film en est truffé !

On peut dire que cette joyeuse bande est dans une période transitoire de sa vie : c’est le grand défouloir avant l’âge de raison. Mais ce qu’il est important de noter aussi, c’est que ces rencontres, qui se transforment en histoire d’amitié ou d’amour, permettent aux jeunes de s’affirmer et de s’affranchir d’un modèle parental. C’est bien connu : on choisit ses amis, pas sa famille. C’est vrai qu’avec le temps, toutes ses personnes forment une nouvelle famille. Et là, n’importe quel spectateur peut s’identifier : on a tous et toutes une famille de cœur, qui parfois compte beaucoup, beaucoup, beaucoup.

Bien sûr, vous allez ressentir comme un déjà-vu, non pas dans les plans ou dans l’histoire (encore que), mais surtout dans les sentiments des personnages et leur proximité : le rapprochement avec une certaine Auberge Espagnole de Cédric Klapisch est inévitable (attention, le film de Klapisch est plus léger, plus coloré, ses personnages sont aussi très différents).

Autre point commun avec la célèbre Auberge : une bande son impeccable. La musique est omniprésente du début à la fin du film, avec quelques petits live d’enfer dans des petits bars made in London. Le réalisateur confesse : « Je ne concevais pas un film adressé aux jeunes sans musique. »

Il ne me reste plus qu’une seule chose à dire : « Enjoy ! »

Voilà un film que j’ai découvert un peu par hasard ! J’avais loupé ma séance, et je me suis rappelée qu’une de mes amies avait très envie de voir ce premier long-métrage de Yasmina Reza, en tant que réalisatrice… Et bien me voilà partie pour 1h24… d’ennui !

Le pitch :

Pilar est une dame d’un certain âge, maman de trois filles. Espagnole d’origine, elle a émigré en France où elle a élevé sa progéniture : trois enfants très différents les unes des autres ! Devenue veuve, elle tombe amoureuse de son gérant d’immeuble et décide de le présenter à sa famille, lors d’un déjeuner aux frontières du réel !

Mon avis :

Les premières minutes du film sont intéressantes et poussent à la réflexion : pourquoi cette vieille dame, Pilar, retourne en Espagne pour se séparer de ses derniers biens fonciers, biens qui se trouvent donc sur sa terre natale. Elle est accompagnée par sa fille, Nuria, incarnée par Emmanuelle Seigner. Moi, je me suis imaginée que pour Pilar c’était un acte difficile de rompre avec la terre de ses ancêtres, avec ses souvenirs… En fait, non ! J’ai plutôt l’impression qu’il s’agissait d’une libération. Pourquoi pas ? Après tout, chacun est libre de ses sentiments et de ses émotions…

Une fois l’épisode espagnol passé, on se retrouve en France ! On découvre la tribu de Pilar. Ses filles ont toutes les trois des caractères bien définis et des signes bien particuliers. Nuria, Mme Polanski à la ville, est une célèbre star de cinéma en mal d’amour. Son petit ami, un acteur connu, la délaisse. Son désespoir est palpable. Mais pourtant, je n’y ai pas adhéré une seconde. Avec son air désespéré, quasi maladif, on a juste envie de lui : « Mais bouge-toi ! Sors de ton cocon hollywoodien et profite de ce que la vie t’offre ! » Une scène très pathétique m’a agacée : Nuria doit assister à une remise de prix, et elle ne sait pas quelle robe choisir. En voilà un dilemme ! Pendant le déjeuner familial, elle en profite pour faire un essayage de deux robes très provocantes, mettant à mal le calme de ses messieurs, à savoir le mari de sa sœur, et l’ami de sa mère ! Bien sûr, la caméra s’attarde sur la plastique de Seigner, une scène qui, je trouve ne se justifiait pas, ou du moins pas tournée comme on nous le propose (n’allez pas croire que la nudité me gêne au cinéma, pas du tout, je veux juste qu’elle soit filmée avec poésie ou avec violence en fonction du film… mais dans ce précis, dans cette chambre si froide, c’était juste vide et creux, un peu comme Nuria).

Les deux autres sœurs de Nuria sont tout aussi singulières : Valérie Dréville joue Aurélia et Christelle Tual interprète Christal. La première est une actrice ratée, qui trouve un exutoire dans le théâtre amateur. Les scènes où elle répète sont épouvantables ! De toute évidence, elle jalouse le succès de sa cadette. Parfois, elle arrive à relativiser et des moments complices voient le jour, parfois, sa haine prend le dessus et ce n’est pas beau à voir ! La seconde est une mère de famille un peu fofolle qui s’ennuie dans sa vie bien rangée. Elle y met du piment en ayant un amant, qui se révèle lâche au possible. C’est peut-être le personnage le plus attachant du film, car j’arrive à ressentir de la compassion pour cette femme.

Et bien sûr, il y a la matriarche : Pilar. Très amoureuse de son Fernand, elle espère que la rencontre avec ses filles se passera bien. Ce sera un fiasco où les vraies natures vont ressortir devant un Fernand complètement dépassé par ses filles qui « je t’aime, moi non plus » et qui ont un vrai problème de respect. Et cette pauvre Pilar… Il lui arrive d’agir comme une enfant, alors qu’elle devrait mener sa tribu tambour battant ! Au menu : des crises d’hystérie, des pleurs et de la casse ! Moi, cela m’aurait coupé l’appétit !

Un mot sur André Dussolier. Il est Fernand, l’amoureux transi de Pilar, et n’arrive pas à sauver le film du naufrage ! Il interprète un parfait gentleman, un poil coincé, fier de ses acquis et de son savoir, et surtout très ennuyeux ! Et pourtant j’adore Dussolier pour son jeu toujours impeccable, pour ses prises de risque, pour sa voix qui envoûte le spectateur, pour ses mimiques à la fois drôles et graves… Mais là, tout excellent acteur qu’il soit, la sauce ne prend pas. J’ai juste l’impression qu’il s’ennuie et que lui-même ne croit pas à son personnage.

Enfin ce qu’il faut savoir à propos de ce film, c’est qu’il s’agit de la fidèle (le nom à son importance) adaptation cinématographique d’une pièce de théâtre intitulée Une pièce espagnole, écrite par Yasmina Reza elle-même. Peut-être que ce huis clos s’adapte parfaitement au théâtre, mais au cinéma, c’est d’un ennui et d’une platitude comme j’en ai rarement vus !

En avant moussaillon !

Publié: 23 mars 2011 dans Mes coups de coeur...

Toutes les modeuses le savent, la marinière est une pièce maîtresse de leur dressing. Revenue en force l’été dernier, elle n’a jamais vraiment quitté le haut du catwalk de la rue ! Mais comment ce vêtement populaire et masculin est devenu un incontournable ?

A l’origine, la marinière était portée par les marins-pêcheurs. Jusque là, rien de nouveau sous l’éclairage des spotlights ! En revanche, ce que vous ignorez peut-être, c’est que dès 1858, l’esthétique de la marinière est codifiée selon des règles très strictes : « 21 raies blanches larges de 20 mm et 20 ou 21 raies bleues larges de 10 mm, pour les manches 15 raies blanches et 15 raies bleues. La marinière doit être en jersey, ses manches ¾ ne doivent pas dépasser la vareuse et son col monte au ras du cou. » (Les marins font la mode, éd. Gallimard). Mais le monde merveilleux de la mode est venu mettre son grain de sel, pour notre plus grand bonheur !

C’est d’abord Coco Chanel qui l’apporte (et la porte) sur les podiums de la capitale dans les années 1910. Elle détourne ainsi son premier vêtement masculin, tout en apportant plus de confort aux femmes. Un acte à la fois militant et révolutionnaire au début du siècle dernier.

Mais c’est à Jean-Paul Gaultier que la marinière doit ses lettres d’or. Il en fait sa marque de fabrique en la portant lui-même, en la déclinant, en la customisant. En 1983, l’enfant terrible de la mode propose sa collection Boy Toy où l’homme porte des jupes et des marinières très ajustées. Depuis le génial créateur est fidèle à ce vêtement, même si les tenues qu’il revêt se sont assagies avec l’âge.

D’autres couturiers lui ont bien sûr emboîté le pas, avec plus ou moins de succès. Chaque marque, chaque boutique de prêt-à-porter a sa marinière.C’était vrai pour la saison 2010. La plus emblématique ? Petit Bateau bien sûr, avec ses traditionnelles marinières bleues et blanches, et rouges et blanches. D’autres maisons avaient lancé leur habit de marin, en changeant les couleurs, en transformant le vêtement, en robe, en jupe ou en veste. Et c’est encore vrai pour les beaux jours 2011 : les marinières sont toujours sur les portants. Même les footballeurs de l’équipe de France nous la pique : leur nouveau maillot a le pied très marin ! Gageons que ça leur porte-bonheur (en leur évitant un nouveau naufrage) !

Vous l’aurez compris, la marinière est aujourd’hui un basique des placards des fashionistas, un must-have. Les filles, vous savez ce qu’il vous reste à faire : partir en quête de VOTRE marinière idéale !

Marqués à jamais…

Publié: 15 mars 2011 dans On the silverscreen...

D’accord, d’accord, d’accord, je le confesse, j’adhère à la Pattinson mania ! Mais pour une fois que le beau Robert dépose son costume de vampire au vestiaire, il serait dommage de ne pas en profiter ! Le slogan du film dit : « Il y a des histoires d’amour qui vous marquent à jamais. » Loin de la bluette post-ado, croyez-moi, vous ne sortirez pas indemne de Remember me

Le pitch :

Tyler est un jeune et beau New-Yorkais de 22 ans. Issu d’un milieu privilégié, il est en conflit avec sa famille, surtout son père ; mais il se rebelle aussi contre une société qu’il tolère peu ou mal. Après une altercation avec un policier bougon, il décide de se venger en séduisant sa fille, avec laquelle il partage un cours à la fac. Mais ce qu’il ignore, c’est qu’il va tomber fou amoureux de la jolie et fragile Ally.

Mon avis :

A la sortie de Twilight – Chapitre 2 : Tentation, mon cinéma habituel présentait déjà l’affiche de Remember me. Sur un réseau communautaire, Facebook, pour ne pas le citer, les groupes plus ou moins officiels du prochain film avec Robert Pattinson se multipliaient. Inutile de vous dire que les cinq mois suivants m’ont paru une éternité ! Mais j’ai été très  largement récompensée : Remember me a été à la hauteur de mes espérances, et même plus, n’en déplaise à certains/es.

A la réalisation, on retrouve Allen Coulter : Remember me est son deuxième long métrage (en 2006, dans Hollywoodland, un thriller, il a dirigé Adrien Brody et Ben Affleck). Si son nom est inconnu du grand public, il faut savoir qu’il s’est illustré à la réalisation d’épisodes de séries à succès, comme l’excellentissime Sex’n’the City, les géniaux Soprano ou plus récemment, l’extraterrestre Sons of Anarchy. Vous vous doutez donc que derrière la caméra, le garçon est très doué et super efficace. Comme beaucoup d’illustres réalisateurs, Woody Allen ou Martin Scorsese pour ne citer qu’eux, Coulter fait de la ville de New York un personnage à part entière. A la fois sublimée (dans le parc, dans les beaux quartiers) et maltraitée (scènes de bagarres, scènes dans la prison), on a envie de croquer dans la Grosse Pomme avec lui et ses acteurs! Pourtant tourner à New York n’a pas été de tout repos : les scènes en extérieur étaient continuellement envahies par les fans et par les paparazzi ! Notez un dernier détail, qui à son importance dans l’histoire de la ville qui ne dort jamais : les événements se déroulent avant un tragique 11 septembre. Une époque où les New-Yorkais étaient insouciants, et regardaient vers l’avenir. On ressent cette ambiance légère par l’attitude des personnages, par les décors. On a encore cette impression que tout est possible !

Trois scènes m’ont particulièrement marquées, et à coup sûr, elles deviendront cultes avec le temps ! La première se déroule à la fête foraine : Tyler et Ally (interprétée par Emilie de Ravin, transfuge de la série Lost) se cherchent, se découvrent. Et en bon mâle, Tyler cherche à impressionner sa belle : dans un stand, il s’essaie au tir… Un échec : il finit par soudoyer le forain et obtient un panda géant ! C’est une très jolie scène, tournée simplement, mais les sentiments sont à fleur de peau et le spectateur se prend au jeu. L’autre concerne un moment plus intime entre nos deux tourtereaux : comme dit l’adage, « jeu de mains, jeu de vilains ». A force de se chercher, Tyler et Ally finissent leur tendre bagarre sous la douche ! Quant à la troisième scène, il s’agit du final du film… Je n’en dirais pas plus pour ne gâcher votre plaisir… Sachez juste que c’est bouleversant. Et en fonction de votre attachement aux personnages et/ou à New York, c’est carrément insoutenable !

D’autres passages du film sont particulièrement attachants, comme la relation entre Tyler et sa petite sœur. Judy Jerins qui joue le rôle de Caroline Hawkins, est impressionnante de sincérité et de maturité.

Sachez que sans Will Fetters, le scénariste, le film n’aurait jamais vu le jour ! En effet, il s’est inspiré de sa propre expérience pour donner une consistance au personnage de Tyler. Du temps de l’université, le jeune Fetters voulait entrer en fac de droit… Mais après une bagarre dans un bar, il a passait une nuit en prison. Son casier n’étant plus vierge, il pouvait alors faire une croix sur le barreau ! C’est un peu ce qui arrive à Tyler, la théorie du « au mauvais endroit, au mauvais moment », sauf que lui, il préfère vendre des livres, un pied de nez à la fulgurante carrière de son père, interprété par un Pierce Brosnan bluffant, en patriarche dur qui masque ses sentiments.

Et c’est ce scénario qui a fait craqué Robert Pattinson, bien avant qu’il ne devienne un personnage au sang froid ! Pattinson est cependant coutumier de ces rôles de jeunes hommes qui ne veulent pas entrer dans le moule. Dans la saga Twilight, il incarne un vampire qui tombe amoureux d’une mortelle. Dans How to be, sorti en 2008, il interprète un jeune déjanté, en pleine crise existentielle et en proie à des problèmes familiaux. Les caractéristiques de ces personnages m’ont fait penser à un autre grand rebelle du cinéma, James Dean. Pas étonnant que je songe à la légende, quand Pattinson lui-même, ne se cache pas d’être un fan de la star, et de s’en inspirer. Il n’y a qu’un pas pour dire de Pattinson qu’il est le nouveau James Dean ! Après Johnny Depp, Brad Pitt, River Phoenix, Christian Slater ou Luke Perry, c’est donc à lui d’endosser ce lourd héritage. En est-il digne ? L’avenir nous le dira !

Encore un film dont je me souviens parfaitement de ma première rencontre avec lui ! Cannes 1988 : Le Grand Bleu fait l’ouverture du prestigieux festival. Bilan : les critiques descendent l’œuvre de Luc Besson ! Moi, du haut de mes 9 ans, je ne comprends pas que l’on puisse critiquer un film parlant de dauphins ! Et la critique a la dent dure, car à cause d’eux, j’ai été interdite de Grand Bleu, enfin, jusqu’à sa diffusion à la télévision. Ce qui devait arriver, arriva, comme des millions des spectateurs, j’ai succombé au Grand Bleu. Depuis, j’ai vu et revu ce film, qui, pour moi est cultissime. Je le connais par cœur, et les émotions sont toujours là, même après plus de deux décennies !

Le pitch :

Le Grand Bleu est librement inspiré de la vie de Jacques Mayol et d’Enzo Maiorca, deux célèbres apnéistes. Après avoir partagé leur enfance dans les années soixante en Grèce, et surtout une dévotion totale pour la mer, les deux garçons se perdent de vue. Pour mieux se retrouver dans les eighties, en Sicile, à Taormina plus précisément, pour un championnat du monde d’apnée.

Mon avis :

Certains parlent d’un film générationnel ! Il est clair que les personnes ayant vécu ce Cannes 1988, en direct ou à la télévision, ont été marquées ad vitam eternam par l’accueil plus que glacial réservé au Grand Bleu. Dans ma mémoire, je vois encore les expressions du visage de Luc Besson : incompréhension, frustration et surtout beaucoup de peine et de colère ! De ce triste épisode, le célèbre et talentueux réalisateur gardera une extrême méfiance vis-à-vis des journalistes. Mais comment en serait-il autrement ?  Aujourd’hui, il communique peu et choisit toujours avec précautions ses interventions sur les plateaux télé ou ses interviews dans la presse papier. Je fais partie de ces gens, durablement touchés par Le Grand Bleu.

Bien sûr, enfant, je n’en avais pas saisi toutes les subtilités du film. Pour comprendre toute la poésie du Grand Bleu, il faut être un peu plus vieux ! Mais à chaque fois que je le visionne, j’ai l’agréable sensation de le redécouvrir. Certes, les dialogues, je les récite presque tous, et pourtant, je ne peux m’empêcher de vibrer avec les personnages, de les conseiller dans leurs actes et de refaire le scénario (car pour une fois, je voudrais juste voir Johanna vraiment heureuse !) !

Et je ne suis pas la seule, j’imagine ! Loin de suivre la sacro-sainte critique, les spectateurs se sont rués dans les salles obscures pour voir ce film : 9,2 millions de spectateurs, rien que pour l’Hexagone ! Luc Besson a même dû ressortir le film avec une version rallongée de plusieurs dizaines de minutes. Sur l’affiche, il a ajouté aussi un cinglant et efficace : « N’y allez pas, ça dure 3h ! ». Pourtant, le public y est allé et a récidivé ! L’année qui a suivi sa sortie, Le Grand Bleu est nominé huit fois aux Césars. Et aujourd’hui, je ne compte pas les millions de DVD vendus. Rien que moi, j’en ai plusieurs exemplaires !

A ce succès, s’ajoute un carton au niveau de la bande originale : un chef d’œuvre signé Eric Serra, vendu à plus de trois millions d’exemplaires dans le monde ! Bien sûr, j’ai le mien, en version double CD, sinon, ce n’est pas drôle ! La musique de Serra est un pur moment de magie, qui contribue sans aucun doute à la force du film ! Et c’est lui qui récolte le plus de récompenses dites officielles : César de la meilleure musique écrite pour un film, ainsi que le César du meilleur son pour Pierre Befve. Serra remporte aussi une Victoire de la Musique et le Grand Prix de la Réalisation Audiovisuelle la SACEM ! Là aussi, les aficionados du Grand Bleu connaissent les notes par cœur. Ecoutez votre album, sans regarder les titres, je suis sûre que vous saurez à quelle partie du film correspond le titre (et même si vous activez la touche ordre aléatoire / shuffle pour corser la difficulté de ce petit jeu !). Eric Serra signe là sa quatrième collaboration avec le cinéaste, et leurs belles aventures se sont poursuivies par la suite.

La force du Grand Bleu, c’est aussi un pari : faire un film qui parle de la mer, et de l’amour que l’on peut ressentir pour elle. Grâce à ses personnages, deux rois de l’apnée très connus, Luc Besson nous plonge dans cet univers passionnant. Pour l’aider dans sa mission, précisons que Jacques Mayol, le vrai, a été conseillé technique sur le tournage (une anecdote à son sujet qui a son importance : il a réussi à communiquer avec les dauphins). Ce qui n’a pas été le cas de son collègue, Enzo Maiorca. Bien au contraire, il est un farouche opposant au film : il ne l’a pas apprécié et a même entamé une procédure en diffamation. D’ailleurs dans la version ciné de sa vie, il deviendra Enzo Molinari ! Pour la petite histoire, sachez que les Italiens ont été les grands perdants de cette bataille judiciaire : pendant quatorze longues années, la sortie du film est bloquée ! Ce n’est qu’en 2002 que nos amis transalpins découvrent Le Grand Bleu sur grand écran. Et encore, la version qu’on leur propose a été tronquée, notamment la scène où Enzo Molinari, alias Jean Reno, se fait payer pour sauver la vie d’un homme qui est en train de se noyer !

A noter qu’il existe aussi une version différente pour les Etats-Unis. Pour son premier film en langue anglaise, Luc Besson leur propose une version plus courte, de 118 minutes (contre 132 minutes et 168 minutes pour la VF). Leur bande originale est aussi modifiée, elle est composée par Bill Conti.

Mais hormis ces points divergents, la substance même du film est identique. Les acteurs d’abord ! Bien sûr, ils contribuent aussi très largement au succès du film. Après avoir essuyé plusieurs refus pour jouer Jacques Mayol, notamment celui de Christophe Lambert (ouf !) qui préfère jouer dans Le Sicilien de Michael Cimino, de Mickey Rourke qui avoue avoir peur de plonger en apnée ou encore Mel Gibson (dommage !), Luc Besson décide de lancer un casting : c’est là qu’il rencontre un parfait inconnu, Jean-Marc Barr, pour notre plus grand bonheur. Il est impeccable dans ce rôle : à la fois timide et fragile, déterminé et fort, doux et passionné, il explose carrément sur le grand écran. Une nuance tout de même, le record de  descente en apnée de Mayol, le vrai, était de 105 mètres, une limite considérée comme absolue. Dans le film, Besson fait descendre son avatar si j’ose dire, à 120 mètres. Aujourd’hui, ces records, réel et fictif, ont été pulvérisés dans une discipline que les puristes appellent l’apnée no limit avec l’Autrichien Herbert Nitsch, qui est descendu à 214 mètres, en juin 2007 !

Jean-Marc Barr partage l’affiche avec le très charismatique Jean Reno, qui connaît bien Luc Besson. Il a déjà tourné avec lui, L’avant-dernier (un court-métrage), Le dernier Combat et Subway (par la suite, ils multiplient leurs excellentes collaborations). Jean Reno donne une incroyable prestance à son personnage, Enzo Molinari. Par son physique bien sûr : Jean Reno est un grand gaillard, qui impose le respect au premier regard. Mais aussi et surtout par sa voix : gâté par la nature, l’acteur a un timbre grave, a une voix qui porte, mais qu’il sait aussi moduler à la demande, pour la rendre douce ou au contraire sévère. Autre atout pour Jean Reno, son regard ! Tout passe par ses yeux : sa détermination, ses peines, son désespoir, même lorsqu’il joue la comédie du bonheur, ce sont ses mirettes qui le trahissent !

Le casting est complété par une jolie équipe : Rosanna Arquette, inoubliable dans son rôle de Johanna Baker, l’amoureuse éperdue de Mayol. Elle est tellement craquante avec son petit accent américain ! J’ai aussi beaucoup aimé Marc Duret qui interprète le fidèle acolyte de Molinari, Roberto. Leur duo fonctionne à merveille : tordant pour nous faire rire, ils vont vivre quelques aventures épiques et cocasses… Je me souviens d’une certaine Fiat 500, conduite par Enzo, dont la tête sort par le toit ouvrant du véhicule ! Ou encore des gaffes du pauvre Roberto ! Ils sont également très forts dans le registre de l’émotion : une véritable amitié les lie. Et Roberto voue une grande admiration à son cousin : il souffre donc pour lui ! Sans oublier bien sûr, l’Oncle Louis immortalisé par Jean Bouise. D’autres personnages se joignent à eux, pour le découvrir ou les redécouvrir, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Sachez que pour tous les acteurs et les techniciens, le tournage n’a pas été de tout repos. De la Grèce au Pérou, en passant par l’Italie, ils ont dû subir des conditions climatiques extrêmes. Sans oublier, qu’aucun des acteurs n’a été doublé pour les scènes de plongée (on comprend mieux les appréhensions de Mickey Rourke !) : ils effectuaient une quinzaine de descente par jour ! Au total, deux cent dix personnes ont été mobilisées pendant les neuf de tournage. Il aura fallu huit mois supplémentaires pour monter le film !

Autres stars du film : les dauphins évidemment. Et sans aucun doute, quand j’étais enfant, ce sont eux qui m’ont fait aimée ce film, avant même que je le vois ! « Un film avec des dauphins, c’est forcément bien ! », ai-je dû penser une bonne dizaine de fois ! Il est clair que les scènes avec ses majestueux animaux sont magiques. Ils sont tellement beaux, épris de liberté, gentils. Hélas le film n’a pas eu la même prise de conscience sur le public que Sauvez Willy et ses orques, mais on a quand même une furieuse envie de libérer tous les dauphins oppressés des parcs aquatiques ! Pour la petite histoire, le dauphin qui hypnotise Jacques Mayol est en réalité une delphine qui, ironie du sort, passe sa retraite au Marineland d’Antibes. C’est Joséphine et elle est reconnaissable grâce à ses yeux bridés, une caractéristique assez rare semble-t-il. Cette femelle a été capturée au large de Rockport (Palacios Point, proche du Texas). Elle a eu deux delfineaux, un petit Eclair en 1990, et une petite Manon en 1993.

Je terminerai cette chronique par une réplique de Rosanna Arquette, qui m’émeut toujours autant : « Go and see my love ! »

Fraîchement récompensée aux Oscars 2011 (costumes et direction artistique), l’adaptation d’Alice au Pays des Merveilles du génialissime Tim Burton était attendue au tournant. Sur la toile, avant le jour J, le buzz a été énorme : bande originale dévoilée, extraits divulgués ici et là, photos du tournage, choix d’un film en 3D ou pas… bref, autant d’éléments qui m’avaient mis la puce à l’oreille. J’ai cependant tardé à voir l’œuvre de Burton : trop d’avis opposés, trop d’agitation au moment de sa sortie m’ont poussée à attendre. Je voulais oublier les racontars, et me faire ma propre opinion. Je ne l’ai vu qu’après cinq semaines d’exploitation, une fois toute la folie retombée, et en 2D (en fait, je n’ai pas eu le choix, c’était la seule version disponible !).

Le pitch :

La petite Alice a bien grandi. Elle a aujourd’hui 19 ans, et c’est une jolie jeune femme qui s’apprête à se fiancer… jusqu’à ce que le Lapin Blanc refasse son apparition, toujours aussi pressée ! Alice est intriguée, et elle décide de le suivre au fond de son terrier. Elle repart au Pays des Merveilles, tenu par une main de fer par l’épouvantable Reine Rouge.

Mon avis :

Tim Burton nous propose un conte déjanté, coloré, décalé, baroque et surtout poétique. « Je voulais raconter cette histoire d’une nouvelle façon car aucune des adaptations cinéma ne m’a jamais vraiment plu. Je voulais transposer à l’écran l’imagerie que cette histoire avait créée en moi. », voilà comment Tim Burton résume son film. Et quand il parle d’« imagerie », croyez-moi, vous n’allez pas être déçu/e. Tous les personnages de notre enfance (vus dans la série animée ou dans le célèbre Disney) répondent présents pour notre plus grand plaisir : le Lapin Blanc, l’oiseau Dodo, la Chenille/ Absolem, le Chat/Chess, Blanc Bonnet et Bonnet Blanc/ Tweedledee et Tweedledum… On les revoit tous, et moi, j’embarque avec Alice sans me poser de question. Je rapetisse avec elle, je deviens aussi géante, je redeviens toute petite et je finis par ouvrir la microscopique porte pour le Pays des Merveilles/ Wonderland.

Une précision tout de même à propos de cette adaptation : Tim Burton s’est inspiré des deux contes de Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles et De l’autre côté du miroir. C’est la raison pour laquelle tout nous semble si familier. Quelle petite fille n’a pas voulu être Alice ? Qui n’a jamais caressé la folle idée de suivre un Lapin Blanc terrorisé à l’idée d’être en retard ?

Alors bien sûr, on ne retrouve pas l’univers 100% burtonien : il manque une bonne dose de cynisme dans cette adaptation. Du piquant aussi. Même si la fin nous propose une Alice affranchie de la pression sociale qui part à la conquête de son nouveau monde, tout cela est très politiquement correct. Peut-on le reprocher au réalisateur ou au contraire lui pardonner cet excès de lyrisme ? Moi, je lui pardonne, car j’ai adoré son Alice. J’aime les collaborations entre Tim Burton et son acteur fétiche, notre chouchou à toutes, Johnny Depp (il s’agit là de leur 8ème film ensemble), mais aussi entre le réalisateur et Mme Burton à la ville, la géniale Helena Bonham Carter, alias la Reine Rouge, qui se retrouve avec une tête difforme et qui passe sont temps à hurler après sa cour !

Johnny Depp donne vie au Chapelier Fou. Roi de la transformation, il est méconnaissable. Pour la petite histoire, penchez-vous sur la bande d’annonce : regardez ses yeux. Vous allez voir un œil dilaté et l’autre pas : en médecine, cette spécificité est un signe de troubles du cerveau. Bravo à monsieur Burton d’être allé dans le détail. Et Depp va plus loin encore dans l’explication. Pour préparer son rôle, il a découvert que les chapeliers manipulaient une colle à forte concentration de mercure pour fabriquer leurs hauts-de-forme. Souvent leurs mains étaient tâchées et ils finissaient par sombrer dans la folie. Le beau Johnny joue à sa partition à la perfection. Il est vraiment l’un des acteurs les plus doués de sa génération, n’hésitant jamais à se mettre en danger ou à masquer sa jolie gueule d’ange.

J’ai bien sûr adoré tout le bestiaire qu’on nous propose dans ce film. Mais j’avoue deux coups de cœur : le premier pour cet oiseau légendaire qu’est le Dodo. Et le second, c’est pour le Chat/Chess : ses apparitions sont magiques. Il a été très bien pensé : il est mystérieux, sa voix est énigmatique, il surprend sans cesse et Alice et le spectateur.

D’autres personnages, fictifs ou réels, sont remarquables comme la Chenille/ Absolem, toujours le mot qu’il faut ! La cour de la Reine Rouge est un peu une cour des miracles où pour plaire à Sa Majesté, ses fidèles serviteurs n’hésitent pas à s’inventer et à s’infliger des défauts, comme un nez crochu, un ventre un peu trop rond… Seul bémol, le rôle un peu trop effacé de Reine Blanche, la gentille : Anne Hathaway ne convint pas vraiment.

Tim a peut être mis un peu de Burton au placard (à moins que cela ne soit l’inverse), mais il a quand même osé un sacré pari : pour interpréter Alice, il est allé chercher une parfaite inconnue du grand public, Mia Wasikawska. C’était quitte ou double : aller-t-elle remporter le défi ? Le public allait-il valider cet audacieux choix ? La jeune Mia incarne une Alice très crédible : à la fois sage et mutine, perdue et très sûre d’elle. Son visage est très expressif, ses yeux parlent pour elle parfois : on y lit sa peur, sa frustration, ses interrogations, sa joie et sa détermination.

Un mot sur les coulisses de ce film-spectacle : vous l’aurez compris, il s’agit là d’un savant mélange de prises de vues réelles et d’animation. Le tournage a proprement parlé n’aura duré que 40 jours, de septembre à octobre 2008, puis c’est l’équipe des effets spéciaux qui a pris la suite. Mais à côté des dernières technologies qui ont permis à Tim Burton de réaliser son premier film en 3D, il y a les bonnes vieilles astuces, mythiques au cinéma. Par exemple, Crispin Glover, qui joue le valet géant, a tourné sur des échasses ou encore Matt Lucas, qui interprète les jumeaux, a porté un costume en forme de poire pour l’empêcher d’avoir les bras le long du corps ! Dur le métier de comédien !

C’est sûr que la Alice de Tim Burton ne fera jamais l’unanimité : les puristes vont hurler au sacrilège (qui a corrompu la « Burton touch » ?), les curieux trouveront certainement l’œuvre sympathique, d’autres encore adhèreront à cet univers… Dans tous les cas, Tim Burton aura remporté deux défis : susciter le débat en déchaînant les passions et, me donner envie de lire l’œuvre originale de Carroll.